Ce jour de 19 juillet 2020, à un jour du masque pour tous dans les lieux clos en France, qui annonce – je n’ai guère besoin de consulter les astres sur ce coup là – une sombre ère où nous allons, allez, je vous la fais courte : certainement, à terme, finir calfeutrés en tous lieux fréquentés par les humains, derrière nos peurs paralysantes, nos crachats contaminés, nos culpabilités de cul-bénis, nos ragots peu ragoutants, nos envies empoisonnées, à l’image de nos voisins, Espagnols – qui enfilent masque et tuba pour embrasser leurs enfants, Don Quichotte, où es-tu en ces temps troubles ? – où, des effets d’annonces nous prédisent une rentrée catastrophique (rentrée de quoi ? De qui ? Pourquoi ?), où les musiciens ne pourront toujours pas exprimer leur lyrisme sur scène (chanter transmet le macronavirus), où nous ne pourrons toujours pas trinquer au comptoir de Chez Adel, où nous ne pourrons toujours pas danser nos déconvenues de nuit comme de jour un verre de rouge à la main, où nous ne pourrons plus rouler des pelles à nos douces devant une toile de Tarantino ou un bon vieux Antoine Doinel, où nous ne pourrons plus tirer la gueule ouvertement devant le sourire de Mona Lisa, où nous ne pourrons plus palper les courbes de l’Eve du musée Rodin, où nous ne pourrons plus manifester nos idées place de la République, où nous ne pourrons plus rire à gorge déployée de peur de s’étouffer dans nos préjugés masqués, où nous flipperons des fins de mois sans le sou, « La grande crise de nerfs économique oblige »… Ainsi s’entonne une époque nouvelle, une ère du Net, où il sera bon de dénoncer anonymement son voisin possible porteur du macronavirus, où il sera bon de partager un verre avec un avatar, étrange inconnu, du virtuel, où l’on restera postés, tels de pathétiques pantins, en attendant la dernière injonction de nos gouvernements dits développés et civilisés (En quoi ? En arsenal nucléaire ? En usines polluantes ? En jugements moralisateurs ? En malbouffe à vocation mondiale ?) qui calquent leurs décrets, gentiment, subrepticement, en douce, à la volée, petit à petit, sans qu’on s’en rende compte – tant ils nous ensuquent avec la vie rêvée des réseaux sociaux, leurs fake News « avariées » ou non, NetFlix en sus (oups, ai-je heurté une quelconque morale, à mon insu ?) – sur les régimes dictatoriaux, en vogue chez ces Chinois « porteurs de tous les maux » selon nous, et autres magnats des pays pétroliers, où il n’est pas bon de moufter, où la presse est quasi inexistante, où cela fait bien longtemps qu’on aurait brûlé ce « colon » d’Hergé (encore un qui nous a quittés avant la grand-messe, tant pis pour les féministes), cramé la drague lourdingue de Warren Ellis, le passé sulfureux de Polanski, la provocation de Houellebecq, l’opinion de J.K.Rowling, les gentilles maladresses de Juliette Binoche, et tant d’autres gens (dont votre Affreux serviteur) qui sont effacés ou risquent de se faire gommer du paysage sociétal parce qu’ils n’ont pas cloné leur pensée sur l’opinion publique masquée où penser haut et fort est désormais passible de censure pour les plus chanceux (on révise votre œuvre, vos propos, votre tête qui ne convient plus aux mœurs du temps, ou plus simple, on vous interdit d’exister, ou l’on vous gomme de l’existence cinématographique comme Kevin Spacey), ou de descente aux enfers sans emprunter l’échelle de Jacob pour les moins chanceux (on vous lynche chez vous et dans la rue), où l’on offrira aux dénonciateurs sous X des possibles penseurs libertaires, ou des présumés coupables de délits sexuels (à venir ou passés, ou pensés), des écolos avérés ou non, La médaille du mérite…

Alléluia !

Souvenez-vous des années quarante.

Souvenez-vous des 16 et 17 juillet 1942.

Nous, les Français donneurs de leçons à travers le monde, nous, l’incarnation du triptyque « Liberté, Égalité, Fraternité », n’avons pas eu besoin de l’aide des Allemands pour arrêter et déporter plus de 13.000 Juifs de France (femmes et enfants compris) dans ces trains de la mort à destination fatale… Auschwitz…

Nos ancêtres ont organisé cette rafle seuls pour plaire à l’opinion Nazi, en vogue en ces temps de gerbe, où la fureur était de mise.

Et nous ? A quoi sommes-nous prêts pour satisfaire la peur qui ronge nos entrailles ?

Ou devrais-je dire, qui allons-nous livrer ?

L’Affreux

Minuit, l’heure du crime, parce qu’il faut bien que Charles s’en charge, j’enfile mon costume de vigilante histoire d’aller redresser quelques torts égarés ici et là en dépit des interdictions de sortie à cause du grand méchant virus… Les bottes des 7 lieux enfilées, le manteau noir ajusté sur mes épaules, le foulard paré, le chapeau à malices bien vissé, l’Affreux s’envole pour l’Aventure ! Je sens que cette nuit, les vilains vont valser. Je me faufile hors de la lucarne de mon appartement et grimpe sur les toits de Paris est A nous ! Depuis ma vue imprenable sur les faubourgs endormis, je mate, de mes yeux justiciers, la cité en proie à ces forces du mal qui s’éveillent le soir quand nous restons claustrés chez nous. Ah… Un signal. Les bureaux de Gallimard sont allumés. Des cambrioleurs ? Non, pas assez discrets… Ses éditeurs ? Non, c’est pas à cette heure que tu décides de l’avenir d’un livre, quoique ? Ses actionnaires ? Non, ils sont partis se coucher, ou se mêler au gotha des sectes de la nuit. Ma vue de corbeau de bon augure me permet de voir leurs tronches mal famées. On dirait une assemblée de l’intelligentsia parisienne. Je les reconnais, ce sont les types qui ont kidnappé les libertés de la France, la bande à Manu ! Heureusement, mes oreilles de Super Charlie, me permettent d’entendre jusqu’au moindre mot articulé par le gang des autocrates qui dirigent les hautes sphères du petit-Paris, voilà ce qu’elles me rapportent, attention, frissons garantis :

« Pas lui. Ce tocard finirait par nous attirer des ennuis… »

« Pas elle et ses idées révolutionnaires… Déjà qu’on fait semblant d’adhérer à son féminisme à la con… »

« Pas l’Andalou… Lui, son cas est scellé… Xavier et ses potes de Médiapart ont déjà ruiné sa réputation…»

« Erreur 404 ? Une erreur révolutionnaire à jeter à la poubelle… Crame le manuscrit que ta stagiaire a imprimé… »

« Et c’est qui, ce Arnaud Delporte-Fontaine ? Un nobody, un no futur, un moins que rien ! Si j’ai bonne mémoire, on lui a coupé les ailes à l’époque de son Système A… Non, mais c’est vrai, il se prend pour qui celui-là à inciter à piller nos grandes enseignes ? Robin des Bois ? Cartouche ? Le roi des voleurs ? Il veut quoi, lui, niquer nos consommateurs du samedi ? Envoie-lui les services sociaux, fais le passer un alcoolo dépravé, enfonce son dossier déjà pas reluisant, et crois-moi, dans l’année il se jette à la Seine… A ce sujet, on peut lui filer un coup de main… »

« Oui, j’ai lu… Il a paumé la tête, Alan Moore… Déjà que ses conneries mystico verticales, j’y pigeais rien… Alors, son incitation anar à l’auto publication histoire de fusiller notre mainmise sur la littérature, ça ne prendra pas… Je te le dis… Comme on le voit quasiment jamais, je propose qu’on le fasse passer pour un fantôme… »

Rires étranglés.

« Les Chroniques des Fontaines ? Ah ! Un blog de rien du tout ! Crois-moi, c’est pas leurs trois vues par jour qui vont nous faire de l’ombre… On s’en tape qu’ils aient interviewé Denis Robert ou Aurélien Barrau… Le premier est un « has been censurable à souhait », le second, il suffit d’appeler Anne, elle se chargera de le faire passer pour un cinglé sectaire… Les Français n’aiment pas les sectes… Il nous fait chier avec sa fin du monde ! C’est des conneries tout ça, et si c’est vrai, j’ai pas l’intention de tirer ma révérence l’estomac vide ! On se fout que Juliette Binoche le soutienne… C’est une actrice… Une actrice, en deux secondes, tu t’arranges pour qu’elle se prenne les pieds dans son tapis rouge. »

« Laurent Bouhnik ? Le fou furieux en jaune ? Bah… Il s’est mis à dos toute la profession… Il n’a plus de budgets pour ses films de cul… Les agents se sont chargés de son cas. Qu’il aille se branler en Italie… »

Les conspirateurs trinquent à notre malheur.

 « Moi, je veux des femmes « tendance », qui rendent bien sur papier recyclé et qu’ont rien dans la tête… En ce moment, ce sont les victimes des prédateurs sexuels qui cartonnent… Je veux de la Adèle Haenel, de la Rose McGowan, de la meuf qui fout les chocottes, quoi ! »

« Gabriel…Avec ta gueule et ton prénom d’ange, on compte sur toi pour prendre le relai, au cas où Emmanuel se fasse défaire par l’un de ces enragés en gilet jaune, OK ? »

 « Polanski ? On se mouille plus là-dedans… On en a déjà assez fait pour lui, comme pour ses potes…L’heure n’est plus à Eyes White Shut…Faut ouvrir grand ses yeux ! »

« Demain, on envoie une « Une » égratignant, Emmanuel, histoire de préserver les apparences, et après, on sort une contrevérité chez la concurrence le faisant renaître tel un phénix encore plus puissant qu’avant… Pigé… C’est comme ça qu’on forge les légendes… »

« Hollande ? Laisse béton, ce type est une fuite d’eau… Si tu l’invites, le bâtiment prend l’eau… Laissons-le s’agiter avec sa Julie, il a déjà assez fait pour nous…Après tout, c’est à lui qu’on doit notre « hold up »… »

« Villani ? Avec ses airs à la Tournesol qui tourne pas rond, et son discours de Cardinal, il pourra nous servir… Pas question qu’il chope la mairie de Paris… Même si le mauvais coup de l’andalou et du russe nous ont grillé la carte Griveaux… »

« T’as pas une poupée de son à mettre à la « Une » des Inrocks pour noyer ces poissons fétides ? Lou ? Lou Doillon ? Pourquoi pas ? Elle n’est engagée dans rien, Lou Doillon… Avec elle, tu palpes de l’air, elle n’emmerderait pas une mouche… »

Rires gras antiféministes.

« Les gilets jaunes ? Bah ! Le coronavirus va les tenir éloignés des rues… Il tombe à pic ce méchant virus ! Avec lui, y’a plus de manifs, plus de poignées de mains, plus de contacts humains, plus d’assemblées, plus de chanteurs échevelés… Déconnectés, les riens s’abrutissent devant Netflix toute la sainte journée, avalent nos antidépresseurs, se font livrer nos bonbons d’un coup d’app par Uber, et oublient leurs combats… Et puis, il coûte moins cher que les CRS, ce virus qu’on a concocté dans nos labos fumeux… Ah ! Ils ont bon dos les Chinois… Au final, on finira par mettre au point un vaccin qu’on administrera de force pour le bien commun des Français, sans oublier les traceurs qu’on va leur visser dans l’avant-bras… T’imagines le profit que ça va engranger… Demain est à nous… »

« Tiens, j’entends un bruit. Un pigeon napoléonien ? »

Paumé, les gars, un corbeau de bon augure !

J’entre d’un bond, suivi d’une cabriole, sans crier mon Affreux pseudo ! J’envoie mes plumes vindicatives droit dans les mains sacrilèges des assemblés du pouvoir et fait frémir les Lorenzaccio d’un :

« La prochaine, fois, ça n’est pas vos dextres que mes plumes égratigneront, mais vos langues mal pendues ! »

Au passage, je leur casse la gueule… Cela va de soi…

Sur ces belles actions, je m’éclipse, avec panache, comme toujours.

L’Affreux

Billet écrit sur le tard… Un samedi soir sur votre terre.

Ce jour de confinement, à force de lire dans ces actus du Net, si véridiques de vérité, si justes et bien pensées, dans lesquelles je vois/lis/entends des scientifiques (bien/re)nommés et des politiques corrompus s’étriller à propos du remède miracle contre ce maudit virus, je décide qu’il est temps de mettre un point final à ce bordel en quête de gloire, et décide de troquer ma plume affutée d’écrivailleur sur le retour contre le microscope fureteur du chercheur en éprouvettes ! En ces temps coronavirusés, il faut bien que quelqu’un prenne ce Red bull virusé par les cornes, quelqu’un de bien portant, de bien-pensant, à la pensée fine fleur, quelqu’un de censé et non censeur, bref, moi ! Il est grand temps que Charles (mon second prénom gaulliste) s’en charge !

Je me suis dit qu’avec ma trogne anarchiste non compromise dans un parti peroxydé, existant, ou en chantier, ma pensée non partisane d’un quelconque groupuscule néo « je ne sais quoi » mais ouverte tout court, je m’suis dit, pari pris, Paris pris, et non parti pris, que j’avais le profil idéal pour nous sortir de ce bourbier !

D’un commun accord avec moi-même, je me porte volontaire depuis mon chez moi et sous vos applaudissements automates à 20 heures pétain(tes) pour trouver la cure miracle !

Je vous retrouve dans deux heures, le temps, à vue de nez, pour trouver le remède.

Deux heures plus tard. Il est 22 heures. Ma voisine a enfin terminé son Ave Maria.

Mon stock de tisanes épuisé, mes huiles de massage asséchées, mes graines de tournesol envolées, mon charbon de bois avalé, ma cafetière défunte des suites d’une intoxication à la caféine, mes cheveux victimes d’hirsutisme, ma raison quasi évaporée… Je reviens à vous, sur les genoux, plus zombie que vivant…

Au cours de ces glorieuses heures, j’ai exploré toutes les pistes imaginables disponibles à mon imaginaire, et je vous annonce avec une grande fierté, et une joyeuse joie non dissimulée, que j’ai trouvé la formule sacrée ! Résolu ce mystère qui obnubile nos alchimistes depuis l’aube des temps, j’ai percé le secret de la pierre philosophale ! Arf, j’suis complètement hors de propos… Amis naïfs, la vérité, est que je suis parvenu à… choper un gros rhume de cerveau doublé d’un triple lumbago…

Du coup, je suis contraint de regagner, expressément, ma couche, et de couper ce flux d’actualité Internet qui a complètement corrompu mon système nerveux et immunitaire au passage, ce perpétuel mauvais courant sur lequel je suis branché 24h/24 depuis le confinement, qui aura surchargé mes accus et m’aura poussé dans cette quête illusoire de ladite cure.

Ce sempiternel Newsfeed virtuel qui retranscrit une « réalité » de notre société vendue aux plus offrants, de cette terre de vie qui tourne à l’envers d’une planète obsolète, de posts qui suintent la peur à force de lire des News plus hallucinantes et égocentrées les unes que les autres, dans lesquelles (on les comprend, les anxieux), chacun cherche à briller sur une scène mal éclairée, à tirer son épingle d’un jeu mortuaire, à monter sur l’autel d’une immortalité qui frise l’hybris, à récolter la gloire en plus de l’amour et de la beauté ; ces fils d’actualités décousus sur lesquels des charlatans de tout poil annoncent un remède miracle tandis que d’autres surfent sur la naïveté et l’espoir des malades et des confinés en passe de tomber à leur tour… ; sur lesquels, je lis que le port du masque va bientôt être obligatoire pour tous… à condition qu’on parvienne à les importer de Chine ; sur lesquels les politiques d’aujourd’hui étrillent les collapsologues de demain, les gilets jaunes rongent leurs pourpoints ; où chacun cherche son chat chez son voisin ; sur lesquels les haines se déversent sans filets de sécurité ; sur lesquels un déluge égoïste déferle sur nos toits confinés (Noé ne sera pas là pour nous sauver) ; sur lesquels le manque de consommer son produit préféré se traduit par des haines journalières ; sur lesquels le monde entier se déchaîne devant son écran, ou derrière son avatar, parce qu’il ne peut plus s’exprimer pour de vraie, avec son corps fait de chair et de sang, son cœur qui vibre au rythme du soleil, dans une agora libertaire, ou sur les scènes des théâtres de nos cités ; sur lesquels nous sommes victimes des mensonges véhiculés par les « maîtres du monde » depuis des années, que dis-je, des siècles…

On se retrouve donc toutes et tous, place des petits hommes, égarés au beau milieu d’un grand canular universel qui ne fait plus rire personne, où nul ne sait plus dans quelle eau nager, quelle voix écouter, quelle voie suivre, et que faire de soi au sortir de cette crise, prélude aux catastrophes à venir… Alors, au milieu de la confusion, comme au siècle passé, s’installent les populismes, les fascistes de tous bords, enflent les portemonnaies bedonnants, se verrouillent les libertés primaires comme le droit au rassemblement, les pensées claires et nettes et non polluées par ces flots obscurs…

Alors, comment se refaire une santé mentale, reconstruire son opinion dans ce chaotique maelstrom ?

Faut-il partir en quête d’un nouveau messie? Moi ? Allons, un peu de sérieux, vous n’êtes pas si désespérés ? Si ? Ah…

Non, la solution n’est ni avec moi ni avec un autre faux con prophétique.

Elle est simple et à portée de toutes les bourses.

Il suffit d’éteindre ce damné ordinateur, deux ex machina, qui nous éveille chaque matin et nous berce chaque soir, pour enfin pouvoir se réfugier au fond de soi et réveiller son instinct.

C’est ce qu’on savait faire de mieux, fut un temps, avant l’avènement de ce trop-plein technologique, avant les réseaux sociaux, les téléphones mobiles sans mobiles et ces faux flux fuyants d’informations pêle-mêle virtuelles.

Un billet écrit en connexion avec moi-même.

L’Affreux

Ci-dessous, des liens illustrant la joute entre ceux qui affirment avoir trouvé un remède au Coronavirus et ceux qui pensent qu’ils ne sont que des charlatans, et nous, au beau milieu de tout ça, en victimes collatérales de leurs monstrueux égos :

Hervé Seitz, ce scientifique montpelliérain qui accuse Didier Raoult d'être un « charlatan » – midilibre.fr

https://www.francetvinfo.fr/sante/maladie/coronavirus/confinement-face-au-relachement-renaud-muselier-le-president-de-la-region-paca-a-saisi-le-prefet-de-police_3900795.html

https://www.sudouest.fr/2020/03/30/automedication-a-l-hydroxychloroquine-des-effets-secondaires-tres-graves-voire-fatals-met-en-garde-l-ars-7373823-11000.php

Ce jour, de bois bandé, après ma petite self gâterie matinale, routine auto imposée par l’anti escape game, reality show en live sur les réseaux sociaux porno lexicaux indigestes, tant chacun y bave son insignifiante vie privée avec un nombrilisme éhonté, immergés dans ce Loft Story saison 2020, où toute nuance de love s’est carapatée dans les nuances grisâtes d’un lendemain désenchanté, j’enfile les bretelles du bon français bien sous tous rapports dénonciateurs et fourre mon œil voyeuriste à travers mes jalousies histoire de choper les infâmes résistants qui osent encore sortir trimbaler leurs sales virus au nez et à la tronche de mes concitoyens favoris (approuvés par l’ordre public) ! Et là, j’aperçois, un jeune Roméo, faire l’école buissonnière, pardon, la maison buissonnière, filer à l’anglaise par la fenêtre du cinquième étage, descendre via la gouttière du chat, et hop, rouler-bouler dans le buisson d’amarante de la tante du coin, se relever, à la Hussarde, et vlan, courir, en vif argent, en invisible, dans la direction de l’immeuble d’en face, territoire interdit des Capulet, ô combien proscrit à ceux de mon vilain pâté résidentiel d’assignés à résidence comme notre cher numéro 6 Montaigu, et je… poursuis jusqu’à plus de souffle mon récit : le v’là qui escalade la façade de la forteresse intouchable pour grimper jusqu’au 7ème étage dudit bâtiment. Il toque à la fenêtre, et miracle, elle s’ouvre : sort de la Chartreuse, une Juliette plus belle que ma pomme croquée tantôt, et… Ah, sacrilège ! Le…le… le…

J’en perds mes mots tant ma bonne conscience citoyenne est choquée… les… les impies se roulent une pelle démasquée ! Pire, il lui caresse ses seins dénudés… Putain de jeunesse, je-m’en-foutiste ! Ça ne leur suffisait pas de nous pomper nos portemonnaies repus ? De cracher sur ce capitalisme qui nourrit leurs panses ingrates de filles et de fils de ? Ils se prennent pour qui ? Des effrontés avides de frondes à la Étienne Lantier ? Paraît qu’ils relisent Zola ces temps-ci, sous le manteau, vous savez, ce sale écrivain défenseur des parias et des Juifs !!!! J’ai jamais aimé Zola et ses idées qui font désordre sur la carte de l’ordre public (j’me demande s’il ne serait pas un tantinet sémite avec sa barbe Rabbi Jacob).

Moi, je suis Français et j’en suis fier et j’aime l’ordre ! Et c’est pourquoi, j’attrape mon téléphone et compose le sacro-saint numéro 17 qui aurait tant plus à Tante Denise dans les années quarante. Le flic au bout du fil félicite ma démarche et envoie, sans tarder, un hélicoptère intercepter ces terroristes de l’amour qui osent échanger leurs germes contaminés alors que nous, les vieux, on claque des dents derrière les masques blancs qu’on s’est empressés d’acheter à la pharmacie avant l’annonce du confinement (ah ! ah ! ah !)

Les braves policiers séparent avec délicatesse ces anarchistes de moins de vingt ans (et au passage, remettent leurs idées en place d’un ou deux ou trois ? coups de matraques), avant de les embarquer se confiner de force et définitivement entre l’Alsace et la Lorraine !

Bon vent, morveux !

Vive l’ordre public !

Confinement vôtre,

Charles-Pierre de Dieu Du Bontemps

Arf, elle est belle la France !

Anarchiquement vôtre,

L’Affreux

https://www.letemps.ch/opinions/lepidemie-covid19-questionne-lopportunite-delation-contrevenants

Ce jour, de Confinement National (Heil, Macron !), tel un hamster en galère dans sa roue, je rétropédale sévère. Dans ma tête, c’est l’apesanteur… Ça fait cinq jours que je n’ai pas arpenté le pavé parisien. Cinq jours ! Damned !

Nous sommes assignés à résistance… Pardon… Atchoum ! (virus, c’est toi qui toque à mes portes immunitaires ?) A résidence…

L’instinct me pousse à chausser mes bottes de sept lieues et foncer fouler l’asphalte des bas quartiers sans tarder…

La raison me dicte des consignes sécuritaires qui m’invitent à rester chez moi devant mon écran comme tout être qui ne se respecte pas.

A ce propos, j’ai entendu, à travers ma cloison murale, ma voisine dire qu’elle avait acheté des couches pour adulte, histoire de pouvoir surfer en pets en toute tranquillité 24h/24h sur la merde virtuelle. Tu parles d’un esprit pratique !

Je passe mon pif à travers la fenêtre… Arf… Pour un peu, je serais tenté par le grand plongeon histoire de redécouvrir des sensations réelles… et sortir des fake fucks du Net. Là, j’aperçois sur la terrasse d’en face, un couple mimer à distance (en respectant bien les 1 mètres sécuritaires préconisés par les spécialistes du virus) les gestes naturels de l’amour, par peur d’infecter leurs organes buccaux, et plus si affinités… Tu parles d’une vision d’horreur… Bientôt, on ne pourra plus baiser que via écrans indisposés !

La décision est prise, je me casse de cette geôle…

J’imprime le p’tit papier gouvernemental mis à notre disposition gratuitement sur le Net, passe-sacré pour la liberté de respirer, sans lequel je risque de me faire amender, tabasser ou embarquer comme mes potes SDF.

Cinq options proposées par l’attestation de sortie gouvernementale pour grands enfants constipés s’offrent à moi :

1/ Aller travailler.

Ceci s’adresse aux indispensables. Ceux qui œuvrent pour notre survie comme… le personnel hospitalier en manque d’air, de masques et des thunes qui s’échine, en dépit des risques encourus, à sauver nos culs égotistes gâtés et gavés, et les autres, les innommables… ceux qui, dans l’ombre de nos lumineuses vies, font turbiner les usines de nos caprices : les immigrés, les sans dents, les rien du tout, les sacrifiables, les remplaçables, pour nourrir l’égoïsme des bourgeois bourgeonnants qui, eux, se reposent chez eux, peinards, en attendant tranquillement leurs livraisons à domicile et le vaccin miracle. Du coup, cet Amazon (et les petites mains qui bossent dans leurs entrepôts) qu’ils conchient tant publiquement sur leurs pages facebook s’avère bien utile… Mais chut, ne le dites à personne, acheter des livres et des produits bio sur Amazon c’est comme télécharger illégalement des films, ça se fait en douce, à l’insu de tous, quand les enfants sont couchés… Officiellement, nous sommes tous fidèles aux libraires avec pignon sur rue, aux petits producteurs du coin et achetons légalement nos contenus numériques. Chut chut chut, ne réveillons pas les consciences !

Moi, de travail normalisé, je n’en ai pas… Certes, j’ai une vieille blouse de médecin qui traîne dans mon placard, vestige d’une époque où j’œuvrais à l’hôpital public comme bibliothécaire… C’est décidé, j’y fonce, je remets la couche, pardon la blouse, et pointe mon nez direction l’hosto ! Je vais me tâter du contaminé et sauver des vies ! Ouais, j’suis un héros ! Sauf que… Avec ce système immunitaire défaillant qui s’est maqué avec mon corps quand j’suis mal né, je ne vais pas faire long feu aux urgences… En deux temps trois mouvements, je vais choper le virus et ajouter du taf à ces urgentistes que j’applaudis machinalement tous les soirs à 20h… OK… C’est mort…

Donc non. Passons à l’option numéro 2.

2/ Les achats de première nécessité. Oui ! Oui ! Oui ! Voilà un bon plan… J’enfile mes bottes, mon masque anti contaminés et fonce dévaliser les supermarchés du quartier… Quatre heures plus tard. Six enseignes pillées… Quarante rouleaux de PQ stockés…

Chez moi, c’est plus vivable, j’étouffe. 100 mètres de rouleaux me plaquent au sol. Sans oublier les kilos de pâtes Panzani qui me tombent sur le coin de la gueule (moi, j’achète que la marque recommandée par la pub !)

OK… Mauvaise option… Stocker c’est bien… à condition d’être royaliste et vivre dans un château comme Yves Lecoq… C’est pas le virus qui va me « crever », ce sont mes propres pulsions survivalistes submergeantes… OK. Stop à la course sans fil à la patte sans film à la clé sans fun sans faim sans fin…

Passons à l’option numéro 3.

3/ Déplacements pour motifs de santé. OK, je valide. Ça tombe bien, j’ai ce curieux furoncle fessier qui me démange depuis plusieurs jours. Perso, je le trouve louche. Je pense que Rabini, c’est le nom de mon doc, va me confirmer ça fistule… Pardon… fissa… Je l’appelle-maile-texte-harcèle par tous les moyens existants-en bon français-tout en toquant énergiquement (comme un taré) à sa porte en combinaison intégrale piquée à l’inuit du coin… Il ne répond pas, l’infidèle… Là, j’aperçois la cohorte de masqués à la queuleuleu dans sa cage d’escalier. OK. J’ai pigé. Pas besoin d’insister. Le malade imaginaire attendra son tour. Ciao, Molière.

Passons à l’option numéro 4.

4/ L’aide aux personnes vulnérables ! Excellent ! La voilà la solution à mon ennui bon chic bon blanc! Il se trouve que, moi-même, je suis inscrit à la liste des personnes dites…euh… délicates… du quartier. En gros, j’suis dans la course ! Enthousiaste, je troue l’autorisation d’une signature pointée bien plumée, embarque le sacro-saint laisser-passer et sors humer l’air pur des libertés dans le but louable et bien pensé de venir en aide à  mon prochain… moi-même…

Sur le pavé, seul sur la place du marché, je réalise que… J’suis pas si mal en point que ça, sauf quand j’y pense et que je me laisse envahir par vos angoisses angoissantes…

Puis… Je vous vois m’observer avec défiance depuis vos terrasses habituellement désertes ou le hublot de vos WC voyeuristes… Un confiné plus courageux que les autres me balance à la tronche un vieux mouchoir… Arf… Si ça continue, je vais me prendre une volée de kleenex hautement contagieux…

OK…  j’ai compris le message, je rentre chez moi tamponner ma fébrilité.

Coucouche panier, l’Affreux, rentre à la maison piquer du nez. Transition toute trouvée pour la cinquième et dernière option proposée par nos maîtres.

5/ Sortir son chien !!! Sauf que de clebs, j’en ai pas… Là, j’aperçois la peluche de Pluto… Ce damné cabot importé de Chine qui me fait trébucher tous les matins. OK… Le voilà l’alibi en or ! Avec Pluto, au bout de ma laisse, j’suis sûr qu’on me foutra la paix et qu’enfin, je pourrai lire Baudelaire en plein air. Hélas, mon fantasme se mange la queue… quand, sans prévenir, Zora la rousse, la chienne du voisin, vient renifler le cul synthétique de mon fake dog pas hot du tout…

Moi, je rentre la queue basse chez moi, avec la tête de Pluto au bout de ma laisse délaissée. Zora aura eu raison du reste… et de mon alibi canin…

Me voilà, résigné, abattu, prêt à m’abandonner comme vous à notre second maître, Internet, quand, miracle, j’ai l’illumination ultime !

Justine !!! Justine !!! Justine !!!

Justine, la donzelle sadienne qui allège les bourses du quartier sur les quais de… bip…

OK… Le hic, c’est qu’ils n’ont pas prévu de ligne à cet… « effet »… Que faire ? Idée… Je vais la bidouiller moi-même, à la va-vite, pas le temps de bidonner un faux, et, avec un peu de chance, j’arriverai indemne à bon port d’attache(s).

6/ Justine

J’ajoute donc la case, le texte, etc. et pars confier ma vertu à Justine. Sur le chemin, pas un chat, jusqu’ici tout va bien ! On n’est pas dans La Haine, hein, ma fiction va bien se finir ! Et là, en effet, sur les quais de… bip, j’aperçois un semblant de Justine !!! Si c’est bien elle… Car, j’ai du mal à la reconnaître avec sa combinaison intégrale Catwoman, digne d’un cosplay Japonais.

J’ai pas le temps de lui sourire, ni même d’alléger mes bourses… Je me fais plaquer, sans transition, au sol par deux brutes en uniforme qui, eux aussi, n’ont pas vidé leurs bourses depuis fort longtemps… Entre « thunés », on se comprend… C’est pas pour autant, qu’on est solidaires.

Finalement, je finis au zonzon de la République en bonne compagnie de mes pairs butors. Entre nous, on se refile librement les germes sans demander nos restes. Dans nos cachots, j’oublie toutes les consignes sécuritaires et échange généreusement mes kleenex morveux à mes compères qui, comme moi, l’ont pas (con)finement joué ce jour-là…

J’aurais mieux fait de rester terré dans mon terrier d’Alice au pays des merveilles.

Confinement vôtre,

L’Affreux

Ce jour, je me réveille en grelottant. J’ai le squelette qui grince, l’haleine chargée, les yeux collés… J’ai pas le moral, j’ai pas le modjo, j’ai le mot jaune, j’ai la tête en vrac, j’ai l’estomac en sac. Le café ingéré pas digéré, je comate devant ma non-vie virtuelle devant cet écran entre vous et moi. Là, c’est le choc. Mes talons, pareils à ceux d’Achille claquent sur place. Quand je lis la vilaine News : « Le coronavirus est désormais une pandémie mondiale », je flippe ma race… On va tous crever ! C’est écrit, c’est en cours de…, le compte à rebours huysmansien sans retour possible est lancé, c’est acté, on va se bouffer la cervelle comme dans ces films de Zombie qui ont bercé sans apnée nos années d’acné… Putain… La France est contaminée par un virus incurable, au p’tit nom bien flippant digne d’un bon récit d’anticipation de K.Dick : LE CORONAVIRUS (à ne pas confondre avec la bière, Corona, hein, les niçois ?) On n’est pas dans 28 jours plus tard, on est dans la réalité, et c’est tout de suite maintenant, en direct live avec dead à l’appui…

En matière de haute contagion, on n’a rien vécu de pire depuis la peste de Camus… Ah, non, tu te plantes, l’Affreux, tu délires ou quoi (putain, la fièvre monte) ? Du côté de chez Albert, c’était pas un virus, c’étaient les rats… Et aujourd’hui, c’est les Chinois ! Qui nous refilent leur mort-aux-rats ! Parce que ces bouffe-tout dévorent des chauves-souris au p’tit dej’, on va tous crever ?

Et moi, le premier, parce qu’il est écrit partout sur ce Net qui fait froid dans le dos des consignés, des constipés et des cons tout court, que les vieux et ceux qui souffrent d’une maladie auto-immune sont les plus susceptibles de choper ledit maudit virus… Moi, je ne suis pas encore à l’âge de pierre tombale, mais, bordel, je suis sacrément immunodéprimé…

Damnée mondialisation !

Ah, les Chinois, ils ne pouvaient pas se contenter de nous envahir économiquement et militairement comme tous bons conquérants droits dans leurs bottes de despotes ? Non, euh, il faut qu’ils fassent encore plus fort qu’Hitler (là, il faut se lever très tôt le matin et hurler furieusement : JE SUIS BLOND, JE SUIS FORT, JE SUIS ALLEMAND !), eux, ces progressistes affamés, ils veulent nous anéantir sur tous les plans de vie possible sur terre… Tu parles d’une solution finale.

Tandis que la majorité des Français a les chocottes, d’autres, des profiteurs de guerre « virale » surfent sur la bonne vague du virus ! L’autre jour, au comptoir d’A LA BONNE ADRESSE, face à la gare de l’Est, j’ai entendu un mec se vanter d’avoir « niqué » (ce sont ses mots) dix Chinoises depuis le début l’infection… Eh pas con, le type, puisque plus personne ne veut, ne serait-ce qu’approcher un faciès aux yeux bridés, y’a du coup des places vacantes dans la faille béante du peuple jaune, esseulé depuis le début de la crise.

Ou bien n’avez point remarqué comment les Français changent de trottoir à la moindre lueur jaune ? Mon dieu, ce que nous sommes racistes… Rien n’a changé depuis ces années où, en bons, collabos, nous vendions nos Juifs au plus offrant à nos copains nazis.

Alors, moi, je fais quoi, avec mon pseudo virus ?

Je me calfeutre dans mon appart’ et adopte comme mes voisins apeurés le masque rabat-joie de la mort en marche ? Ou je fonce tête baissée au cœur du « mal », dans les contrées jaunâtres du 13ème arrondissement ?

J’opte pour l’option deux et file, dare-dare, la gueule découverte, cracher mes postillons en compagnie de mes sœurs et frères contaminés… Après une journée de chants révolutionnaires chinois, de Danse du Dragon, de séances express d’acupuncture gratos chez madame Wang, de lectures de contes chinois, on en redemande, dans lesquels tigres et dragons jouent au chat et à la souris, de lâchers de lanternes magiques dans notre ciel clôturé par les pouvoirs publics, je souris à France, Anne et Marcel, trois chinois aux prénoms plus français que le mien, avec qui j’ai retrouvé, un instant, le Paris festif de Hemingway ! Deux-trois quintes de toux plus tard, effets collatéraux d’un lancer de feu de joie, nous constatons avec une surprise non artificieuse que nous sommes toujours pimpants, pétaradants, en forme, quoi… Alors, on s’enlace, on s’embrasse, on échange nos fluides buccaux et on dit « merde » au virus et à cette peur de l’étranger qui empoisonne nos con/génères et les cons vénères.

Soudain, on entend les sirènes… Pas celles des mythes, hélas, mais de la police, ou de je ne sais quelle force de l’ordre, tant, ils ont envahi nos libertés publiques.

Sans crier gare, ils nous dégomment avec leurs énormes dragons… pardon… canons à eau javellisée… Entre la pression qui nous dévisse de nos sept pics, et la température quasi zéro absolu de leur flotte antiparasitaire, si après ça, on ne chope pas la bonne grippe de saison, bien française comme il faut, je rends mon tablier d’Affreux !

Le soir, depuis le camp de concentration en banlieue où ils parquent les soi-disant contaminés, mon thermomètre tape dans les 40°… Un médecin en combinaison à l’épreuve des chinois chuchote à l’oreille d’une combi anti-pauvres que la fermeture des frontières ne suffira pas à endiguer le méchant virus… et qu’il va falloir déporter les gilets-étoiles-balles-maillots-citrons « jaunes »…  dans les steppes reculées de la Sibérie…

On est mal barrés…

Affreusement vôtre,

L’Affreux, atchoum…

Ce jour, suite à la débâcle nationale de la 45ème cérémonie des Césars, où année après année, des potes cinéastes récompensent leurs potes du 7ème art sans tenir compte de l’opinion publique (ah si, il paraît qu’un César du public existe maintenant, histoire de faire taire le citoyen exclu du débat…), cérémonie durant laquelle chacun/e a cherché à planquer le chat/te de son voisin/e, récompensé/e ou grand oublié/e passé/e aux oubliettes des tendances du moment…, à traquer les potentiels violeurs tapis dans la salle obscure du Châtelet, eux-mêmes à l’affut des petits culs à se farcir sans demander leur reste dans le cadre d’une promotion canapé en bonne et due forme, à la française, bien sous toutes ses formes, cérémonie qui a vu s’éclipser dans la foulée, mais pas sur le même pas d’égalité, Adèle Haenel (tête d’affiche féministe du moment), Florence Foresti (croqueuse de cachets carapatée) et Jean Dujardin (français idéal de loin); soirée durant laquelle, Polanski, le célèbre mis en cause, au rang des accusés de son film zolesque, « J’accuse ! », n’a pas pointé le bout de son nez traqué par la justice, condamné par ladite opinion publique ; soirée qui a réveillé les haines intestinales, découvert les secrets enfouis dans une industrie en phase avec sa société bâtie sur un droit de cuissage universel, et non sur des libertés individuelles et le respect de la liberté de son prochain, dans laquelle tout se monnaye, surtout chez les bourgeois, adeptes de la main sous la table au cours de ces fameux dîners mondains entre rupins du même sang ou presque (pas vrai, Valmont ?), l’argent achète tout, surtout le silence des femmes (Merteuil a donné son aval) ; bref, une soirée de grand cinéma sur petit écran qui a enfin permis de faire péter la baraque « chut ! chut ! » des non-dits dans une France du déni. N’en déplaise au « minuscule », Lambert Wilson.

Finalement, le règne méphitique de l’oligarque Macron a du bon : son insupportable aptitude à la trahison qui incite le français exemplaire à dénoncer la vie secrète de son voisin louche, a le mérite de faire exploser cette société de violeurs de libertés, de femmes et d’enfants (y’a pas que les nantis du 16ème arrondissement qui pratiquent ces horreurs-là), et de nous délivrer, je l’espère, de ces infâmes bagages-là… En espérant que dans le futur, les femmes et les hommes pourront à nouveau cohabiter et s’accoupler en paix, les yeux dans les yeux, avec respect, sur un pied d’égalité, et tirer un trait sur la guerre de tranchée dans laquelle ils sont embourbés jusqu’au cou depuis l’avènement des #MeToo, qui, malgré le bien-fondé de leur cause (basée sur un ras-le-bol légitime de se faire maltraiter/agresser/violer en toute impunité par le sexe masculin) ont, hélas, eu tendance à stigmatiser et condamner sur le bucher virtuel nombre de types qui ont eu le malheur de draguer lourdement une damoiselle mal lunée… L’affaire Amber Heard/ Johnny Depp est un bon exemple de présomption d’innocence non-respectée…

Dans la foulée empressée de ce billet mal luné, lui aussi, n’oubliez pas que le combat pour nos libertés se poursuit aussi sur les places publiques, à Paris comme dans toutes nos cités, et pas que sur les réseaux sociaux ! J’appelle les concitoyens à ne pas lâcher leurs coups de gueule jusqu’à pousser Macron à la démission…

Ce drôle de félon-là m’aura inspiré le sujet de mon dernier roman Erreur 404, une fiction d’investigation dans laquelle les vérités sont hautement radioactives, si vous voyez ce que je veux dire… Bref, lisez-le vite (avant censure), en numérique, puisque les éditeurs (malgré leurs retours plus élogieux sur mon manuscrit), n’ont pas voulu prendre le risque de le publier par peur de se mettre à dos les pouvoirs publics… Putain, dans quel monde vit-on ?

Coup de gueule clôturé pour ce jour…

Pour un avenir main dans la main, hommes et femmes confondus…

Peace, sexe, and love

Libertairement vôtre, n’en déplaise à Voltaire,

L’Affreux

Ce jour exceptionnel, je cède volontiers et avec panache ma place chaude à maux, à mon alter polémiste, Alfred, le journaliste pisse-copie du Billet du Défroqué, concurrence directe à mon humble affreuseté, pour célébrer la sortie explosive du roman Erreur 404, ce 04 mars 2020 (au titre ô combien énigmatique qui va en faire boguer plus d’un) sur les sphères virtuelles de l’Internet, en numérique, s’il vous plaît, histoire de ne pas décapiter les quatre arbres survivants en Amazonie, et pour une liberté d’expression 100% totale exempte des censures éditoriales en vogue sous Macron, le roi de la fake news, un roman dans lequel toutes les vérités sont radioactives avec un Alfred Fontaine façonné de toutes pièces par la plume incendiaire de mon autre alter, j’ai nommé, le bien-nommé : Arnaud Delporte-Fontaine, myself.

Nous attrapons le billet à la volée, en cours de récit, en direct, en live, ou presque, et c’est comme si on y était, le ton est donné, place à Erreur 404 !

 « Billet du Défroqué, vingt-cinq

Big Brother fait mouche chez les rupins

Vous pensiez être peinards planqués pépères derrière vos VPN (pour les incultes : réseaux privés virtuels vous permettant de surfer anonymement sur Internet) ? Vous pensiez que vos conversations douteuses sur le Net étaient anonymes ? Que vos surfs sur des vagues pédophiles étaient intraçables ?

Vous aviez tout faux. L’eau a coulé depuis Snowden, cet ancien employé de la CIA et de la NSA qui révélé au grand public les programmes de surveillance de masse américains et anglais en 2013. Yep, ça remonte à loin…

En plus de torpiller vos barrières virtuelles pour fouiner sur vos disques durs crado, en plus de leur Brigade citoyenne fasciste à l’affût des terroristes en herbe qui épient vos (mé) faits et gestes (suspects), « les huiles » censées vous gouverner et protéger vos intérêts ont d’autres joujoux pour vous espionner à leur disposition: les drones, ces petits aéronefs pilotés à distance par ce même chef d’ État que vous n’avez pas élu (ou presque). Ces affaires d’espionnage télécommandé ne datent pas d’hier me direz-vous, déjà, dans les seventies les Ricains du DARPA avaient pondu des micro-libellules pour surveiller les suspectés de « je ne sais » quelle fraude ou supposé attentat à venir…

Nous, à Paname, parce qu’on est cradingues, on a droit aux pigeons-espions. On ne remerciera jamais assez Napoléon d’avoir ramené ces bestioles chiasseuses, ici-bas. Ils volent partout ces volatiles, avec leurs teras d’infos glanées par-delà les courants aériens. Un conseil, évitez le vol à la tire sur les Grands Boulevards, si vous ne voulez pas être claustré à vie, car votre larcin sera filmé/enregistré/archivé par les capteurs des piafs au service des plus grands… Mais, ça n’est pas le pire… Le pire ? C’est qu’ils font ça pour nous protéger, du moins, c’est ce que le Premier Ministre nous a dit, suite à l’affaire du piaf noyé dans la ratatouille bourgeoise.

Rappelez-vous son discours baratineur, je le cite : « La technologie de pointe est là pour vous protéger de ceux qui voudraient nuire à la sécurité de notre République. L’incident en question n’a rien à voir avec notre politique de protection de nos citoyens. C’est un cas isolé d’ordre privé, contrairement à ce que des journaux à ragots en mal d’existence ont bien voulu vous faire entendre. Nous ne sommes pas là pour vous espionner, mais pour vous protéger. Votre protection est notre unique intérêt. Rassurez-vous, notre Président s’en assure… »

« Bullshit, man »… Je ne barboterai pas dans ta ratatouille poisseuse. Et je ne le laisserai pas vous embobiner plus longtemps.

Parce que mon job est justement de vous sortir les doigts du cul, tandis que vous comatez, en mode « Nolife », devant vos applications téléphoniques derniers cri dont le seul but est d’éparpiller vos consciences dans un mercantilisme infini.

À moi de colmater les trous noirs laissés par nos dirigeants.

On se croirait dans « Lorenzaccio », de Musset. Ces types nous gouvernent avec des couteaux dans le dos. Alfred (comme je vous aime toi et ton prénom) avait vu juste dans sa pièce traîtresse. La vilénie est à nos portes…

Je crains le pire pour nos libertés de penser. D’ici peu, si nous restons collés tels des mouches sur des écrans tactiles, nous n’aurons même plus la liberté de consommer ce qui nous plaît. Nous serons forcés d’acheter la merde défectueuse pondue par l’industrie de pointe à la solde du Tartuffe…

Hier, tel le coyote de Tex Avery, mes yeux ont jailli de leurs orbites quand j’ai reçu ma facture d’électricité : 300 euros TTC pour les deux derniers mois. J’ai dû, à mon insu, laisser tourner mon four 24h/24 sans interruption, parce que 300 euros TTC à filer à ces Enfoirés de France pour un 38m2 où je ne fous quasiment jamais les pieds, ça me fait sortir l’anus de mon sphincter ou l’inverse. Oui, je suis vulgaire, mais comment ne pas l’être quand on vous fait payer l’ardoise de centrales nucléaires obsolètes à deux doigts de péter sur l’ensemble de notre beau territoire ? Eh, les Provençaux, c’est à vous que je cause, comment avez-vous pu laisser ces connards nucléariser vos pâturages aromatiques idylliques ?

Tiens, j’entends le désagréable et redondant « bzzz » « bzzz » d’un moustique. Je m’en vais l’éclater. Deux secondes, l’Alfred. Pourquoi est-ce que la seringue-ailée gravite-t-elle autour de tes notes papiers en vrac sur ton bureau au lieu de te piquer la trogne ?

Oh… J’ai pigé… Je vous ai gaulés, les gars…

Vous ne m’aurez pas, moi et ma parano bien avisée.

Je suis contraint de vous laisser tomber comme des merdes, infidèles lecteurs. L’esprit du chasseur vient de s’emparer de mes pognes. »

Comme dirait, David Vincent: « Ils sont parmi nous ! »

À suivre, sans affinités, de loin si possible…

Impudiquement vôtre.

Le Défroqué. »

Extrait à chaud d’Erreur 404 en vente chez ces salauds d’Amazon.

Avec un trailer explosif en bonus :

https://www.youtube.com/watch?v=xJPQ5ZrmcDQ

Ce jour, tu es réveillé depuis ton lit king size par ces sons parasites qui semblent provenir de ton sous-sol…. T’as la sensation désagréable que l’on a gratouillé ta colonne vertébrale avec des ongles sales… Brrr… Ta compagne dort encore profondément, tes gamins jouent dans le jardin… Ce n’est qu’un mauvais rêve. Tu peux souffler, ce samedi, tu auras un temps calme pour toi, à l’image de tes voyages en mer à bord de ton voilier le « Conquistador’ » sur lequel tu auras pêché bien des belles sirènes… Ah, les virées en mer entre potes…

« C’est pas l’homme qui prend la mer

C’est la mer qui prend l’homme, tatatin… »

Ta compagne ne se doute pas de toutes tes belles prises… Ou pire, elle fait semblant de ne rien voir, ou savoir… Elle est comme toutes les femmes dans le déni des infidélités des hommes… C’est leur nature aux femmes, d’oublier et de pardonner ces petits écarts… Du moins, c’est ce que tu te racontes pour te donner bonne conscience… Le capitalisme pour toi, y’a que ça de vrai ! Toi, tu adores escalader le mur des profits, quitte à te casser la gueule dans la fosse commune des pertes…

Tu pourlèches ton café depuis ton fauteuil colonial ramené d’Afrique noire. Tu ingères ton café bio Max Havelaar, roi du commerce équitable, Ethiquable à souhait, étiqueté pour les gens comme toi, qui cherchent à redorer leur conscience.

Et puis, le sol grince, encore, comme dans ton rêve ? Impossible, il est en marbre de carrare… Du pur matériau à l’épreuve du bruit…

Ou bien est-ce la cage d’escalier ? 22 V’là les enfants… Fausse alerte, tu les aperçois jouer au gendarme et au voleur dans ton jardin spacieux planqué en plein Paris… Pour nourrir ta curiosité (tu as toujours faim de tout… même quand tu dors tu consommes…), tu vas jeter un œil du côté de l’escalier en chêne qui mène à la buanderie…

Là, tu sursautes à la vue de cette tête hirsute qui surgit devant toi… La tasse en porcelaine que tu n’avais pas quittée s’éclate à tes pieds… « Bordel de merde ! » lâches-tu, hors de toi. Tu te grattes les yeux, les rouvres et rien… Illusion d’optique que tout cela… due à ces méninges éprouvés par le stress constant de ton travail… C’est ça quand on a des responsabilités, qu’on est un haut « placé » par le chef de l’État. On n’est pas dans un film de fantômes Chinois, Coréen, ou Japonais, bref, une fable Asiatique… Tu les confonds tous ces envahisseurs aux yeux bridés… Tu te souviens d’un film que tu as vu plus jeune, « L’autre »… Non… « Les autres »… Dans lequel une maîtresse de maison (jouée par la « bombasse » de tes fantasmes, Nicole Kidman) réalise qu’elle est un fantôme comme ces autres… Qu’au fond, nous vivons tous à l’ombre de quelqu’un. Mais, ça ne te concerne pas… Toi, tu vis en plein soleil, tu cartonnes socialement et t’en as plein les poches… Tu n’es pas l’un de ces vagants qui hantent les rues de Paris… Si t’étais ministre de l’Intérieur, tu les passerais tous au karcher… Mais, toi t’es aux finances… Avec toi, c’est la bourse ou la vie… Tu enrichis les riches sur le dos des pauvres… C’est ton job…

Tu pianotes sur ton téléphone hyperconnecté… Une conquête t’aura peut-être laissé un petit mot… Même pas… Journée de merde… Comme tous ces samedis que tu passes à la maison plutôt qu’à ce boulot en or que tu aimes tant parce qu’il t’offre l’accès illimité aux plus belles personnes de ce monde… Tout a une valeur ici-bas.

Tu t’avachis comme une merde (au fond tu sais qui tu es), sur ton sofa qui coûte un bras, comme on dit chez les grands bourgeois, t’en es un et t’en es fier, et là, tu flippes ta race de bon « sang blanc »… Oui, parfaitement, t’as le sang blanc, en témoigne ton arbre généalogique super clean qui remonte à Clovis… « Sang blanc-seing », oui… En fait, t’es un pur « sang bleu », mais toi tu préfères le blanc au bleu depuis que ta famille a fait tomber la particule pour tromper son peuple et mieux gravir les échelons…

Là, tu entends ces sanglots qui font froid dans le dos… Non… ça n’est pas tes enfants qui se marrent bien dehors… Ni ta femme… Elle cuve la cuite d’hier… Depuis que tu ne la baises plus, elle picole… Peut-être que tu devrais faire un effort de ce côté-là… Mais, t’as plus de jus avec tous les à-côtés que tu t’envoies ! Sacré, toi !

Alors, qui sanglote ? Qui chiale sa race ? On ne pourrait pas te foutre la paix, pour une fois, un samedi matin ? A quoi sert d’habiter un hôtel particulier si tu ne peux pas jouir du silence ?

Tu revisites la buanderie et tombes sur une mèche de cheveux jais…

Tu es rassuré… Fi de Casper et Cie… C’est encore un oubli de cette femme de ménage philippine que tu vas congédier sans tarder… Tu t’en tapes qu’elle soit renvoyée dans son pays… Elle n’avait qu’à faire comme tout le monde et s’offrir des papiers en bonne et due forme. Et puis, les considérations des petites gens ne sont pas de ton ressort… Tu n’es pas l’un de ces bénévoles du secteur social que tu conchies tant.

T’ouvres ton frigo au rayon Fauchon qui fait de l’œil à ton appétit sans fin. Tu t’envoies une pâtisserie, t’as oublié le nom tellement tu consommes sans penser… Mais t’as pas perdu ton sens de l’observation, atout indispensable d’un ponte de la finance comme toi… Là, tu observes un truc étrange dans ton garde-manger gelé… Ces parts de tartes au frais, à moitié dégustées… C’est dégoûtant… A coup sûr, un coup de ces enfants qui te pompent les nerfs et ton argent. (Et qui te dit que t’es leur père ? T’as toujours refusé de te prêter au test de paternité, tant tu flippes pour ta virilité.) Et pourtant, non, gourmands comme ils sont, ils auraient tout avalé, eux, comme toi… Là, on dirait le travail de petites souris, comme dans Tom et Jerry, ce cartoon que tu aimais tant, gamin.

C’est comme si l’auteur de ce sacrilège culinaire avait été interrompu dans sa besogne.

Qui ? La femme de ménage que tu vas virer tantôt ? Histoire de pimenter ta journée zéro pointée sur l’échelle du pognon, qui ne profite à personne ? Non… Elle a trop peur de toi… De ton pouvoir, l’argent est Roi, chez toi…

Autocentré, tu sens trop tard le froid glacial de la lame qui se glisse dans tes riches entrailles… C’est à ça qu’on reconnaît un riche, à ses bourrelets… Les pauvres sont maigres, c’est bien connu.

Fi des pensées, t’as plus le temps, tu pisses le sang… Tu te retournes : devant toi se dressent trois silhouettes féminines aussi fantomatiques que rachitiques (t’avais pas rêvé), aux yeux bridés par la vie… Encore eux, ces « autres »… Ces rats qui bouffent à tous tes râteliers… Et tu les reconnais, malgré ton trépas en cours de… De gauche à droite, tu les identifies : Ping Pang Pong… comme tu aimais les appeler, du temps où elles besognaient pour ta famille privilégiée avant que tu ne les vires d’un coup de sang… Comme tu t’apprêtais à le faire avec « PingPong », ta dernière esclave en date. Sans affect apparent, ils tirent à six mains ton corps ensanglanté jusque dans cette buanderie qui t’intriguait tant… Là, ils actionnent un levier caché à la vue de tous, entre deux porcelaines de Chine, et ouvrent une porte secrète qui mène à… un monde souterrain… que tu ignorais jusqu’alors… Tu y découvres l’univers clandestin des reclus, des parias, des hors-castes, et de toutes celles et ceux que toi et tes semblables au « sang blanc » avez rejeté de vos rives accueillantes sur le papier, excluantes dans la réalité.

Tels des Morlocks, une communauté de parasites aux allures humaines (de loin) vit inconfortablement dans tes soubassements… C’est un scandale (et pas que sanitaire) !  Tu vas les dénoncer ! Tu comprends mieux ces meutes de rats que les dératiseurs les plus chevronnés n’ont pas réussi à éradiquer ces années passées…

L’un deux te glisse à l’oreille en mauvais français, on dirait de l’allemand : « Tou conné le jeu des chaizes muzikals ? »

Ils t’enferment chez eux, ils s’invitent chez toi.

Au tour de tes enfants et de ta compagne, à présent…

Parasitement vôtre,

L’Affreux

Un billet d’horreur réelle inspiré par le film Parasite

http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=255238.html

Ce jour, je décide de retirer ma non candidature à l’élection municipale parisienne.

C’est dit, c’est acté, c’est craché… Si je mens, j’irai caner dans l’enfer des fientes de Paris…

Et c’est à mon plus grand regret que je cesse dès l’instant ma non vie politique. C’est décision me coûte… Car…

… j’ai depuis toujours consacré mon existence (depuis que j’ai pris conscience, très jeune, dès ma première érection, de mon amour pour la fonction publique giscardienne et de cette France aux couleurs égalitaires dans mes rêves), au bien-être de chacune et chacun, quitte à oublier mes intérêts propres et ceux de ma famille, comme cirer les pompes de mon gamin tous les matins avant l’école, ou servir à mon chat, Fliquette, ces délicieuses croquettes OGM qui le font baver dès que le jour pointe son museau, tant mon planning était chargé par le poids de vos pertes et tracas, mes chers concitoyens adorés…

Ce n’est pas de gaieté de cœur que je vous abandonne, ainsi, à la volée, c’est par mesure de précaution. Quand je vois l’intimité de mes collègues de la classe politique disséquée sur les pages diffamatoires du Net, la peur gagne mon cœur… Je suis sûr que vous le comprenez…

Je n’ai pas envie que les vidéos de mes soirées « maousse costaud » soient affichées à l’insu de mon plein gré dans mon dos sur la toile de votre mauvais cinéma quand je fais dodo.

Je repense à tous ces instants où j’ai été filmé…

Un moment… Un truc me vient à l’esprit…

Il faut que je borgnolle fissa ma webcam au cas où un pirate viendrait s’y connecter malgré ma volonté comme dans cette romance, Séduis-moi si tu peux (Long Shot) où la masturbation privée de Seth Rogen devant une vidéo de sa girlfriend, Charlize Theron se fait balancer mondialement.

Tu parles d’un délit ! Se masturber devant celle que l’on aime, ou celui que l’on désire ?!? C’est grave, docteur ! C’est « La honte », comme le disait ma prof catho du lycée Galilée.

Bref,… dans mon cas privé, j’ai trop peur qu’on filme ma gueule jouasse ou tristounette, selon les caprices des astres, quand je lis mon horoscope en ligne.

Ah… Je me souviens de cette soirée où j’avais paumé mon caleçon dans les filets d’un verre de bourbon… Un esprit malin a-t-il filmé ma nudité ce soir-là ?… Ah… Je vais de ce pas contacter celles et ceux qui s’y trouvaient en cet an de grâce 2002 si j’ai bonne mémoire (j’en ai fait des soirées)… ça remonte… je sais… Heureusement, les saloperies online du Net n’en étaient qu’à leurs balbutiements à cette époque, mais on ne sait jamais…

Je suis rassuré, les téléphones mobiles des présents du fameux soir ont tous claqué…

Ah, un autre souvenir me revient dans la tronche… Ce jour où en CM2 quelqu’un a ouvert la porte des toilettes alors que je faisais ma grosse commission… Ouf, je respire… Les années 80 n’avaient pas encore inventé ces horribles machines à fliquer son prochain…

Notre vie sur le pot à caca ne pouvait se retrouver bafouée sur le Net par un excité, un jaloux, un pervers, un toqué ou un revanchard… Ou une MeeToo, pardon, mytho, ou une hystérique comme la Glenn Close de Liaison Fatale

Je suis comme qui dirait sauf… Sauf que…

… il y a forcément une photo, une soirée, un instant de vie ou de mort dans mon cas autocentré qui m’échappe… Je crains ce jour fatal où je serai mis à terre sur Internet comme c’est d’usage ces temps-ci, depuis l’avènement de Brutus alias Macron, au pouvoir, l’homme qui, en poignardant politiquement le dos de tous ses camarades élus ou en devenir, à commencer par son mentor, François Hollande, a ouvert les portes des pires infamies… Puis il y a eu l’affaire Weinstein… Les anciennes blondes peroxydées, chahutées ou pire, par ces types-là, les gus weinsteiniens, ont pris leurs revanches sur le bûcher des vanités du Net. Les « prédateurs » sexuels de tout poil en ont pris pour leurs grades depuis, et les innocents au passage, aussi, coupables d’une maladroite drague lourdingue (moins la main au cul) qui ont vu leur carrière jetée aux chiottes de la civilisation, leurs passés effacés, leurs oscars décapités, sans retour vers le passé possible… Vade retro satanas

Et aujourd’hui, c’est tout le monde qui se déchaîne, outre-mesure divine, sur la toile diffamatoire du virtuel. Les voisins se balancent entre eux, secrets et potins sont au menu sous X, les instits cherchent la petite bête dans la classe mitoyenne, les politiques se descendent en flèche, les cinéastes s’accusent place des grands hommes, les femmes croquent, telles des mantes irréligieuses, les têtes des hommes qui ne leur reviennent pas ; tandis que ces hommes salissent sur leur page facebook la vertu de ces femmes qu’ils n’ont pas pu conquérir (je ne rentrerai pas dans les tréfonds sordides de la classe catholique…)

Bref, dans un monde que l’on sait condamné par sa planète, chacun tend à plomber les ailes de la réussite de son alter humain histoire de le voir mordre la poussière aussi… Il n’y a pas de raison… etc. etc. etc.

Quand un activiste balance sur Internet la vidéo privée d’un homme public ou privé, qu’il soit un salaud notoire avéré ou rien qu’un nobody à la solde de son compte en banque, je m’insurge et lui dis  « stop ! » comme le chantait Sam Brown en 1988…

« Oh you’d better stop before you tear me all apart »

Ces armes-là, les gars, les filles, sont des plus nauséabondes… Si vous avez un grief contre telle personne, qu’il soit avéré ou non (le grief, pas la personne, quoique), attaquez-le ou la avec des armes franches, des propos argumentés de jour pour de vrai dans une agora comme chez les Grecs d’antan, et non des saloperies visuelles, virtuelles, inventées de nuit, ou des vidéos glanées sur un disque dur privé ou piquées sur un mobile sans mobile…

Benjamin Griveaux, car c’est de lui dont il est question dans cette affaire, ne m’avait pas l’air d’être un type recommandable (ces propos subjectifs ne recommandent que moi, bien sûr…) Il n’empêche, ni lui, ni même Macron ou Trump ou Poutine ou Kim Jong-un ne méritent d’être salis sur la toile, à tort ou à raison…

Ça n’est pas parce que ces types-là usent et abusent de mauvais maléfices contre nos droits primaires qu’il faut que nous nous rabaissions à leur niveau… N’éclaboussons pas nos consciences… Il y a d’autres moyens pour faire éclater les vérités ou son mécontentement comme ces bonnes vieilles manifestations publiques sur le pavé, ou aller dialoguer là où on peut causer, comme sur la place du marché (non, je déconne, et encore)…

Ou mieux et plus sérieusement et simplement, ne pas réélire aux prochaines élections ces tocards-là, c’est possible dans une démocratie (la France n’est pas encore tombée dans les eaux boueuses de la « totale » dictature), ou par un soulèvement populaire dans le cas des régimes totalitaires…

Internet n’est qu’un exutoire repoussoir pour constipés…

J’en ai conscience… Même ces billets doux, au fond, sont l’écho de cette société illusoire… Car, sans vous, leurs coups de gueule drolatiques n’auraient pas lieu d’être…

Ici, on ne juge pas, on ne dénonce pas, on ne balance pas son prochain, on se contente d’éveiller les endormis de la classe A… « Eh, toi, au dernier rang, oui toi, planqué derrière le radiateur, je te vois roupiller ! »

Comme je l’écrivais en ce début de billet, je tire donc un trait sur ma non vie politique et ne candidaterai jamais à la fonction publique…

Confidentiellement vôtre,

L’Affreux

Les liens sur l’affaire Griveaux pour ceux qui seraient en « total » ermitage :

http://theconversation.com/affaire-benjamin-griveaux-la-tristesse-de-la-haine-131865

https://www.20minutes.fr/high-tech/2719043-20200215-retrait-benjamin-griveaux-site-internet-publie-videos-intimes-mis-hors-ligne