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Billet d’humeur de l’Affreux

Ce jour, j’ai faim d’exotisme. Comme je suis capricieux, que j’aime le beau, le bio, et les bonnes choses qui se marient bien à mon profil bourgeois, je me fais importer fissa, à la commande, à mon adresse parisienne sinon rien, des baies de goji, de l’huile de coco à la demande, des noix de macadamia en pagaille, des fèves de cacao, du guarana, du beurre de cacahuète à base d’huile de palme, du quinoa des plateaux andins, du thé vert détox’ made in China, mes cafés « Speedy Gonzales » exilés du Pérou (merci les petites mains pour ces petites grains), et bien d’autres raretés dont vous ne pourriez imaginer l’existence : ingrédients indispensables à mon épanouissement personnel. Cerise bio sur mon cake aux noix de cajou, je pratique le yoga et je m’exhibe une fois par an en Inde dans un ashram, histoire d’évacuer ce stress bien de chez nous. Sans ces précieux petits bonbons prochainement en pénurie (j’ai un temps d’avance sur vous, je me gave, tandis que vous crevez la dalle), je ne pourrais pas rivaliser de beauté et d’élégance avec mes semblables dans les bons salons parisiens… Détail de la plus haute importance.

En somme, comme dans les temps anciens, je huile ma belle peau (pas chagrinée pour un euro) aux dépends des nécessiteux. Ils servent à ça, les pauvres, à enrichir nos délicates panses caucasiennes qui, parce que ça donne bien en soirée rétro, votent écolo aux européennes…

Le vendredi soir, je dîne au restaurant, dans des enseignes, vegan hype (ça sonne bien, n’est-ce pas ?) de la rive droite, c’est encore mieux quand on vit rive gauche (c’est ma façon à moi de m’encanailler)… En réalité, j’adore la bonne chair, mais, parce que c’est tendance, le vendredi, je suis végétarien (mon grand trip in the real life, c’est le BBQ) …

Je ne me soucie nullement de la pollution émise par les transporteurs qui acheminent ces délicates denrées jusqu’à mon royaume égocentré. Ni des travailleurs pauvres qui se brisent le dos pour assouvir mes fantasmes, ni du gaspillage alimentaire quand je ne finis pas mon assiette. Les clochards et autres chiens errants sont là pour ça…

Aujourd’hui, avec mes ami(e)s, nous avons encore parlé du réchauffement climatique. Il paraît que ça n’est pas de la science-fiction et que d’ici 2030, on sera tous concernés, même, nous, les privilégiés… Je m’en fous, j’ai coché l’option déni quand je suis né. Et j’ai bien l’intention de bouffer ma part du gâteau avant la soi-disant fin du monde… Et puis, je suis darwiniste sur les bords, alors croyez-moi, je survirai, Billy Zane dans Titanic, c’est moi !

Le soir, j’avale un Stilnox, petit bonus pas du tout bio, idéal pour s’éteindre à la seconde, comme un bon personal computer, et zapper tous ces rêves inutiles à ma vie déjà si bien remplie…

Le lendemain pointe ses rayons ensoleillés rien que pour mon orgueil démesuré.

Que vais-je bien pouvoir consommer ce jour ?

Un lien pas con :

https://www.contrepoints.org/2016/09/20/266226-gaspillage-alimentaire-ca-suffit

Par ici, on apprend des choses, si si ! 

https://www.fne.asso.fr/dossiers/gaspillage-alimentaire-d%C3%A9finition-enjeux-et-chiffres

Affreusement vôtre

L’Affreux

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Ce jour d’apaisement climatique, je reprends mon souffle en humant l’air beatus un soupçon de menthe poivrée, propice aux respirations printanières (même si, pour de vrai, à l’autre bout du monde, c’est l’été chinois). Puis, j’enfile mes sandales et file tel un rat des villes à travers les champs qui entourent ma masure provençale. Je suis Jean de Florette et je vais conter fleurette à la belle des champs, une Manon qui a élu domicile au cœur des rivières du Luberon et que j’ai bien envie de gourgandiner si vous voyez ce que je veux dire, mes coquins…

Trois-quatre valses humides plus tard…

D’un coup, sans prévenir, le sol sous mes pieds coquins se dérobe.

J’ouvre la fenêtre de mon déni et aperçoit ces horribles bâtiments enfumés qui défigurent ma région, joyau de France sur le guide du Routard de l’éternel. J’interroge un moineau vagant et lui demande ce que c’est que cette horreur tirée d’un film d’horreur (je me répète tant je suis choqué): il me répond que c’est une centrale nucléaire inventée par mes frères humains, qui pour alimenter quelques foyers citadins ont pris le parti de polluer les sols et l’air de cette si belle région… Ah, je comprends mieux mon vilain teint vers de terre, ce matin-là…

D’un coup mon esprit s’éveille et je me dis : « Ah, comme vous êtes cons, mes frères de sang ! Pour assouvir votre soif de lumières virtuelles, vous avez opté pour la condamnation à mort de cette région que, soi-disant, vous chérissez si l’on en croit l’afflux touristique et les résidences secondaires des mêmes Parisiens en ces lieux appelés à disparaître…

L’actu des séries, Chernobyl en prime, fait frémir vos petits cœurs inquiets… Vous vous dites que bientôt, la Provence, ou pire, Paris (le reste au fond, vous vous en contrefoutez) va ressembler à cette zone de non-vie de l’ex-URSS…

Cliquez sur le lien ci-dessous si vous ne croyez pas : http://www.proxiti.info/centrales_nucleaires_proches.php?o=84151&n=VITROLLES-EN-LUB%C3%A9RON&PHPSESSID=02674d3a56c1cf7da45bd3aa953da3b7

Mais pourquoi continuez-vous de voter pour des connards inconséquents, qui en plus de détruire vos terres, vous demandent de payer les dettes d’une EDF encrassée jusqu’aux moignons parce que la compagnie et ses dirigeants placés par les hommes politiques que vous avez élus n’ont pas souhaité opter pour une politique d’énergie propre ?

Cessons de nous plaindre de nos cancers galopants, conséquences de notre politique environnementale et alimentaire… Et assumons ces tristes choix, mieux, changeons nos optiques…

L’été s’annonce chaud…

L’Affreux

Ce jour, c’est la grande débandade, c’est la douche froide climatique, c’est le constat cinglant que nous n’avons rien compris aux enjeux de demain. Les Européennes nous démontrent encore une fois que chacun cherche toujours son chat, et ne pense qu’à panser ses intérêts privés, nourrir ses peurs intestines, sa haine de l’autre. Le nationalisme s’impose, les barrières se dressent, les délits de sale gueule s’accumulent, les bavures se bousculent. On n’est pas gâtés, chers Amis Affreux.

Entre un président qui entretien avec vanité, de bon matin, son mépris pour ce peuple qui l’a élu à la plus haute fonction humaine française et non divine comme il le pense en son sein, ce n’est pas très sain ; et cette armée de la hargne menée par la mère Le Pen, on est mal barrés, je vous le dis, parole d’Affreux. L’un comme l’autre ne considèrent que leurs dimensions égo maniaques corporelles, non l’aspect global planétaire et les conséquences de leurs politiques illusoires basées sur un monde qui n’existe plus (celui du profit), ou en passe de disparaître au profit d’un monde en proie à la famine, aux coups de chaud hivernaux, à la fonte des glaces à vitesse lumière, aux océans d’un plastique pas fantastique, aux sols intoxiqués par les déchets radioactifs (planqués en banlieue parisienne, vous ne saviez pas ? Pensez-y avant d’investir dans l’immobilier des Yvelines…), aux tremblements de terre, aux tsunamis, aux typhons et j’en oublie tant c’est la merde. Inutile de visionner les films de Roland Emmerich pour vous faire une idée de ce qui vous attend, il vous suffit juste de patienter les yeux fermés (vous le faites si bien) jusqu’à l’an 2030 environ, et à ce moment d’ouvrir les sphères de votre déni et de prendre les jambes à votre cou vers…

Au passage, j’apprends que les sources légendaires des eaux Vittel commencent à se tarir… Les glaciers n’ont plus rien dans le ventre (Vittel appartient  à Nestlé, géant maqué avec Macron…) J’en connais qui flippent déjà à l’idée de ne plus boire leur eau si pure emballée dans du plastique…

Nous allons payer cher le gaspillage des eaux potables… Un jour, à coup sûr, l’offre « A boire » sera rationnée… Vous pourrez tirer un trait sur la douche mensuelle de votre chien domestique… Cela dit, que l’on se rassure… L’homme a des réserves en eau… Il suffit de taper directement dans les 65% liquides de notre corps.

En attendant, se poursuit le théâtre de l’absurde, les manifestations fourre-tout, un peu beaucoup à la folie nationalistes, des gilets jaunes qui ne savent même plus pourquoi ils défilent, si ce n’est pour emmerder le quidam qui, chaque samedi se demande s’il peut sortir son cul hors de son fauteuil Netflix sans se faire tabasser, au hasard d’une balade consumériste, par un gilet Ricard ou un CRS flicard. Au choix de la mauvaise rencontre, la bévue ou la bavure…

Eh, les gilets jaunes, allez toquer à la porte de ceux qui nous gouvernent : l’Élysée, Matignon, l’Assemblée Nationale, le Parlement européen, bref, les institutions…, et cessez de défoncer les kiosques des libraires qui ne gagnent pas une thune qui ont le malheur de se trouver sur vos pas Attila le Hun, ou, pire, démolir les miettes d’un Paris cadenassé par les grands travaux « haussmanniens » qui défigurent notre putain de capitale à tel point que Jean-Pierre Jeunet ne peut pas y tourner la suite d’Amélie Poulain.

Eh, Macron, lâche ton égo, rentre chez toi, et refile les clés de la France à celles et ceux qui l’aiment (un peu)…

Comme ça, on pourra toutes et tous, enfin se préoccuper des vrais problèmes planétaires.

Affreusement vôtre,

L’Affreux

Ce jour, je repense à mes jeunes jours durant lesquels on m’a gentiment proposé des plans promotion sur la comète en échange de services levrette.

Eh, parce que je suis un homme, je n’aurais pas, moi aussi, pu être l’objet de « Propositions indécentes estampillées Robert Redford » (dans la fiction, j’entends, en vrai, j’ai cru comprendre qu’il était un charmant bougre), sous la ceinture de la part de la gent féminine en poste dans le secteur de la presse, de l’édition, et du beau monde du cinéma Wonderland (en gros, là où j’œuvre, plus ou moins avec peu d’affinités) ?

A quelques reprises, on m’a donc (si si !), fait des propositions que je n’étais pas en mesure de refuser, parce qu’en bon Aspirant Affreux, je n’avais pas le bon jeu de cartes en main pour réussir. J’aurais pu céder aux tentations tentantes de partouzes cocaïnées sur les plateaux enneigés des festivals de cinéma en haute altitude haute voltige, ou baguenauder innocemment, les doigts dans le falzar, comme bien d’autres, dans les couloirs nocturnes des bureaux de la presse dans lesquels je besognais pour gagner ma maigre croûte (quoi que ça payait pas si mal, à l’époque), et ainsi, gravir les échelons de la réussite sociale vendue aux mendiants que nous étions par les plus offrants (humains pressés comme des citrons pas bio par le jeu sanguinaire de l’offre et de la demande)… Comme un con pas Rastignac pour un pèze, j’ai préféré opter pour l’option « pouce », et sortir le joker : « Je préfère choisir avec qui je vais passer la nuit, même si ça ne me rapporte pas un rond, en plus de ça t’es pas mon genre, tu vois le tableau, rentre chez toi saluer ton mari ou ton chat… »…

« Abruti ! », m’a-t-on gueulé dans mon oreille droite, sourde depuis, si t’avais joué le jeu, comme Alain Delon durant ses jeunes années (O.K, on ne joue pas dans la même cour, mais eh, j’suis pas une « pute », moi ; du reste, j’admire les belles des chaussées, car elles ont le mérite de s’allonger sans la sécurité sociale), tu serais aujourd’hui, à la tête d’une bande de lascars du scénario made in France, ou mieux, le réalisateur avec qui il faut impérativement tourner si tu veux rester branché (à quoi ? On ne sait toujours pas)…

Constat d’échec quelque peu déprimant, certes. Pourquoi, n’ai-je pas ouvert les cuisses comme nombre de mes contemporains hommes, qui, aujourd’hui, pour rester tendance portent plainte contre celles, qui, en ces temps anciens, ont placé leurs culs pas talentueux sur les marches du podium du pognon ?

Que reste-t-il à l’Affreux si ce n’est sa liberté de créer, d’œuvrer en toute indépendance sans devoir sursauter au moindre craquement de plancher dans le couloir du pouvoir ? Son authenticité…

C’est, au bout du compte, pas très rentable mais préférable à une grosse imposture.

L’Affreux, seul sur une plage les yeux dans l’eau… Ah !

Cette nuit, je file à la dérobée hors de ma Cour de roi des miracles de Paris ; sur le chemin de mes larcins, j’esquive une avoinée de soldats matraqués et jette à deux p’tits gamins des chaussées une bourse et la vie ! Funambule noctambule, je glane les ragots bien frais de mes bien informés oublieurs et avale à la volée leurs succulentes galettes pâtissières. Sur le parvis, je tire ma révérence à Notre-Dame, puis, j’opte pour la rue de la Colombe de ma bien-aimée, île de la Cité, y besogne sur le vif, élégamment cela va de soi, ma galante des Fontaines de Langres et crie haut et fort à qui veut l’entendre : « Paris est A moi ! »

Les forbans et les parias des bas-quartiers se rallient à moi et emboîtent sans hésiter, la conscience légère, les mauvais pas du vilain garçon que je suis.

Ensemble, naturellement, nous détroussons les riches et redistribuons aux pauvres, remettons les pendules des puissants à l’heure du peuple affamé et lisons la bonne aventure aux âmes égarées !

Bouquet final de mes péripéties, tel un garçon de comptoir qui chope le mauvais hameçon, j’me fais ferrer par les argousins et jeter aux fers !

Ainsi, se clôture ma flânerie, ainsi débute ma légende. J’ai fait bien des conneries, quoi qu’on en dise.

Aujourd’hui, encore, les enfants chantent, en chœur, de bon cœur, ma complainte (à mon propos, on raconte bien des  racontars, à vous d’adopter votre vérité):

« Enfin Cartouche est pris
Avecque sa maîtresse !
On dit qu’il s’est enfui
Par un tour de souplesse
Un chien l’a fait r’pincer
Dès le matin !

2.
On l’a mis au cachot
Avec un fort bon drille.
Sans couteau ni ciseaux,
Ni marteau, ni faucille,
Leurs mains ont fait un trou
Chez le voisin.

3.
Il dit à la question :
« Je ne suis pas Cartouche,
Je suis Jean Bourguignon,
Je ne crains point vos douches
Je suis Lorrain d’nation
Je suis Lorrain. »

4.
On le mena Jeudi
En place de Grève;
Tout était si rempli
Que tout le monde y crève;
Puis on l’a fait sortir
De sa prison.

5.
En montant l’escalier
De l’Hôtel de ville,
Il dit au gonfalier :
« Ami, je suis débile,
Donn’moi-z-un verr’ de vin,
Mon cher ami. »

6.
On dit qu’il accusa
Grand nombre de personnes
Des pays étrangers,
Des femmes et des hommes.
Il fut exécuté
Le vendredi. »

Un billet droit dans le mille de l’autoritarisme signé…

… L’Affreux

Ce jour, mes zygomatiques arthritiques font le grand écart quand j’aperçois, là-haut, dans les cieux élyséens, tous ces vieux coucous se casser la gueule tour à tour. Les conneries stellaires ne datent pas d’aujourd’hui. L’homme a toujours voulu tutoyer les dieux, gouverner les sphères célestes et fendre l’air, tels des Supermen décomplexés, moins le slip. Allez causer au fantôme de Leonardo da Vinci ou lire les mythes d’Icare et de Dédale si vous êtes sceptiques, voire méfiants envers mes mots bienveillants. En même temps, je vous comprends, quand on voit les mesures climatiques théoriques prises par le gouvernement français qui contredisent leurs actions pratiques sur le terrain : constructions de bâtiments à la sauvage en périphérie de nos villes surpeuplées-surpolluées-suffoquées pour ne citer que cette tartuferie, il y a de quoi ne plus croire en rien, surtout pas en les conneries débitées à la seconde par un blogueur à la petite semaine tel que votre Affreux serviteur.

Bref, on a voulu notre confort moderne, nos avions à la minute, émules de nos amis ailés déplumés par nos gaz à effet de serre, nos discussions en direct dans ta face, dictées par nos caprices capricieux de cause à effet poussés par un désir consumériste guidés par la Marianne de Musset, moins les effets de style ! On a voulu pouvoir baiser en direct en live en vidéo HD des gonzesses ou des types qui monnaient leurs corps pour trois sous, moins les sentiments ! On a voulu une société du Tout-Contrôle. On a tellement voulu ces services à la minute, qu’on a oublié de pointer nos points « G », de prendre la mesure de nos pouls déboussolés, et la température de nos culs surchargés…

A force de gober les tranquillisants pharmaceutiques, miracles du monde moderne approuvés par l’Etat des capitaux, de bouffer du virtuel déconnecté de nos sphères sensorielles, d’avaler la bouffe sous blister agrée par notre médecin de famille, forcément, on finit par piquer du nez, sans remords ni regrets ni conscience de nos actes, aux commandes de nos vies, moins le pilote à bord (vous pouvez reprendre votre souffle).

Et comme Cassandre qui avait prédit, en vain, la chute de Troie, je vous avais bien dit qu’à perdurer dans cette voie de non-retour, déconnectée de nos corps et de nos terres, on allait tous imploser avant d’exploser.

Ou bien, n’avez point remarqué à quel point notre planète, notre seule terre d’accueil (Mars est un leurre, les copains), avait les mauvais airs d’un cancer humain en phase terminale ?

Sur ces funestes augures redondants, je retourne à Delphes consulter les signes du jour d’après jusqu’à quand ?

CassAffreux

Ce jour de lundi de Pâques, je me décide à écrire un billet d’Affreux malgré la fatwa lancée ce jour-là sur tout ce qui n’est pas Saint. Eh oui, quand on sait qu’après sept jours de Passion du Christ suivis de la Résurrection, ce lundi s’impose comme le début d’une ère de félicité pour toutes celles et ceux, qui ont cotisé à la sécurité divine de l’Eglise catholique. Les autres, comme votre obligé, peuvent cramer dans les flammes pourléchées de l’enfer de… vous savez qui. Comme toujours, depuis l’aube des temps, on se fiche des « infidèles »…

Vous l’aurez compris, je n’ai pas la carte de membre de la grande secte catholique.

Il n’empêche, comme tout être humain, amoureux de la vieille Paname, je suis chagriné par le coup de chaleur providentiel qui s’est abattu lundi dernier (dérèglement climatique oblige ?) sur les somptueuses courbes de Notre-Dame de Paris. Nuls mots ne sauraient décrire ma peine ni celle de ma femme quand nous avons assisté, impuissants, comme vous, à la destruction de cet édifice, symbole d’un Paris qui se fait la malle. Eh oui, le cœur de Paris, c’est bien l’Île-Saint-Louis et sa Notre-Dame. C’est là même que se tenaient des Ordalies (duels à mort entre deux opposants dans une affaire de justice jugés par un Dieu pas très miséricordieux…) dès lors que deux citoyens étaient en désaccord (comme souvent entre deux Parisiens de mauvaise foi, en crise de foie…) C’est encore ici, que le légendaire, Cartouche, roi des voleurs, un lointain cousin, a embrassé la belle, Hélène de Courtenay, au 4 rue de la Colombe… Notre-Dame et ses légendes n’ont pas fini de causer à nos cœurs intrigués. Ou bien avez-vous oublié les célèbres pâtés en croûte (à base de…) vendus rue des Marmousets ? Ou encore la place Dauphine (ancienne île aux Juifs), lieu de condamnation au bûcher de Jacques de Molay, maître de l’Ordre des Templiers censés vouer un culte au Diable, par le roi Philippe le Bel en 1314 ? Cause de la mythique (et véridique si vous croyez aux signes) malédiction des Rois de France… Et le culte voué à la déesse Isis dans la crypte de Notre-Dame ? A-t-on découvert les restes de la divinité Egyptienne suite à l’incendie ? Eh ouais, Victor Hugo n’est pas le seul à avoir conté la belle Dame. Loin s’en faut…

Ma Notre-Dame de Paris, donc, aura échappé aux flammes. Quel avenir pour elle ? Déjà, les vautours, corbeaux et autres chacals s’arrachent ses restes, sous-seing privé, avec blanchiment de conscience… Déjà, les entrepreneurs veulent rebâtir sa charpente avec leurs matériaux copyrightés, inoxydables et impurs, histoire d’effacer de l’Histoire les chênes moyenâgeux d’antan, marquer leur époque « pressée » et combler leurs égotistes comptes en banque.

Et notre président dans cette maudite histoire ? Quel rôle y a-t-il joué ? Pourquoi la cathédrale a-t-elle flambé le jour supposé de son allocution aux Français ? Les « théoristes » du complot ont bien des choses à vous dire… Il est vrai que… Oui, ça ne m’a pas échappé (et vous ?), depuis que Macron a pris la France en main, tout se casse la gueule… Nos libertés, surtout… Je ne crois pas aux hasards… N’oublions pas que ce type-là a des accointances métaphysiques…

En dépit des vilaines forces qui œuvrent dans notre dos (on croirait lire les mots d’un parano qui a trop lu Huysmans), un phare brûle encore et toujours dans l’éternité de nos nuits, ou bien n’avez-point ouï la messe onirique de la nymphe de la Seine ; la bien-nommée, Bertille des Fontaines qui a laissé son art s’exprimer, cette semaine sainte, sous les voûtes XIIème siècle de la Pomme d’Eve, à deux pas de la belle Dame ?

Assurément, je ne suis pas objectif, puisque j’ai l’insigne « bonheur » de partager ses aventures musicales… Il n’empêche, quand on goûte à sa poésie, on se dit que tout est possible, et on peut croire, dur comme mon entredeux cuisses en fer, à la Résurrection prochaine de l’authentique Notre-Dame…

Lyriquement vôtre,

L’Affreux