Billet d’humeur de l’Affreux : Billet promotion canapé

Ce jour, je repense à mes jeunes jours durant lesquels on m’a gentiment proposé des plans promotion sur la comète en échange de services levrette.

Eh, parce que je suis un homme, je n’aurais pas, moi aussi, pu être l’objet de « Propositions indécentes estampillées Robert Redford » (dans la fiction, j’entends, en vrai, j’ai cru comprendre qu’il était un charmant bougre), sous la ceinture de la part de la gent féminine en poste dans le secteur de la presse, de l’édition, et du beau monde du cinéma Wonderland (en gros, là où j’œuvre, plus ou moins avec peu d’affinités) ?

A quelques reprises, on m’a donc (si si !), fait des propositions que je n’étais pas en mesure de refuser, parce qu’en bon Aspirant Affreux, je n’avais pas le bon jeu de cartes en main pour réussir. J’aurais pu céder aux tentations tentantes de partouzes cocaïnées sur les plateaux enneigés des festivals de cinéma en haute altitude haute voltige, ou baguenauder innocemment, les doigts dans le falzar, comme bien d’autres, dans les couloirs nocturnes des bureaux de la presse dans lesquels je besognais pour gagner ma maigre croûte (quoi que ça payait pas si mal, à l’époque), et ainsi, gravir les échelons de la réussite sociale vendue aux mendiants que nous étions par les plus offrants (humains pressés comme des citrons pas bio par le jeu sanguinaire de l’offre et de la demande)… Comme un con pas Rastignac pour un pèze, j’ai préféré opter pour l’option « pouce », et sortir le joker : « Je préfère choisir avec qui je vais passer la nuit, même si ça ne me rapporte pas un rond, en plus de ça t’es pas mon genre, tu vois le tableau, rentre chez toi saluer ton mari ou ton chat… »…

« Abruti ! », m’a-t-on gueulé dans mon oreille droite, sourde depuis, si t’avais joué le jeu, comme Alain Delon durant ses jeunes années (O.K, on ne joue pas dans la même cour, mais eh, j’suis pas une « pute », moi ; du reste, j’admire les belles des chaussées, car elles ont le mérite de s’allonger sans la sécurité sociale), tu serais aujourd’hui, à la tête d’une bande de lascars du scénario made in France, ou mieux, le réalisateur avec qui il faut impérativement tourner si tu veux rester branché (à quoi ? On ne sait toujours pas)…

Constat d’échec quelque peu déprimant, certes. Pourquoi, n’ai-je pas ouvert les cuisses comme nombre de mes contemporains hommes, qui, aujourd’hui, pour rester tendance portent plainte contre celles, qui, en ces temps anciens, ont placé leurs culs pas talentueux sur les marches du podium du pognon ?

Que reste-t-il à l’Affreux si ce n’est sa liberté de créer, d’œuvrer en toute indépendance sans devoir sursauter au moindre craquement de plancher dans le couloir du pouvoir ? Son authenticité…

C’est, au bout du compte, pas très rentable mais préférable à une grosse imposture.

L’Affreux, seul sur une plage les yeux dans l’eau… Ah !

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