Billet d’humeur de l’Affreux : billet bang bang

Ce jour, j’astique mon gun en fredonnant « My baby shot me down » de Nancy Sinatra. Je huile mon stick et pointe fièrement sa tige droit sur la tronche enfarinée de mes enfants qui rejouent la scène finale pétaradante entre De Niro et Pacino, dans Heat, l’un de mes films « Règlement de comptes à O.K Corral » préféré, réalisé par Michael Mann. J’appuie sur la détente, et je jouis de la chanson du silence qui sort de mon canon. Eh, il ne faut pas déconner, pour qui me prenez-vous ? Un flingueur de kids ? Eh, j’suis un bon père, j’aime trop mes gamins, Luc et Manu, pour jouer au psychopathe de la gâchette. Avec eux, du moins…

J’habite un p’tit pavillon niché non loin de Paris, la ville où tout se passe, où tout se casse… Au cas où vous l’auriez pas pigé, j’suis pas un cowboy Américain, même si j’suis un gros fan de John Wayne ; j’suis Français, mieux j’suis flic… Le weekend prochain, y’a encore manif à Paname… J’vais devoir cogner dans le tas, histoire de calmer les esprits agités du patron à l’Élysée (j’dis « les » parce que ce type-là a tellement de discours que j’crois que dans sa tête c’est légion), voire shooter dans le gras de ces putains de fainéants d’insurgés… Moi aussi, mon job, il me les brise le matin. Vous croyez que ça m’amuse cette violence ? C’est pas bon pour mes nerfs chauffés à blanc par mes camarades, eux-mêmes, remontés à bloc par les autorités qui nous poussent à calmer le jeu de qui ? De quoi ? J’y pige rien à tous ces trucs de politicards, moi, je fais ce qu’on me dit, je suis les ordres, j’suis un comme un soldat, moins le plomb…

En France, ces jours-là, on se croirait aux USA tellement on gun à tout-va… Et encore, nous, on est des rigolos à côté des militaires qui déchargent leur sperme à l’étranger sur des insurgés, des rebelles, et tous ces fauteurs de trouble à la prospérité de notre pays qui a bossé si dur pour asseoir son Empire du pognon… Faut pas croire que j’aime pas le goût du vert, eh, moi aussi, j’ai croqué dans la pomme sacrée, hein, j’ai acheté mon pavillon et la cylindrée qui va avec…

Et, pour être honnête avec vous, mes lecteurs de ce jour saint (on est dimanche, dans 15 minutes, j’vais à la messe cracher mon trop-plein), j’adore le contact du calibre sur ma jambe gauche, quand j’suis de sortie… Il me rassure, il me rend plus fort dans mes boots… Faut pas m’en vouloir, j’suis un mec après tout, on est comme ça, nous les hommes, on a la guerre dans le sang…

Minute… J’interromps cinq secondes mes lignes… J’ai cru apercevoir un convoi de blindés à la télé… « Monte le son, chérie », envoie-je à ma femme. A mon avis, ils sont en train d’en finir avec ces enculés de djihadistes syriens… Bien fait pour ces terroristes ! Attends, c’est quoi ce monument en arrière-plan ? On dirait l’Arc de Triomphe… O.K, faut croire que j’me suis planté de pays… J’suis d’un con, parfois.

Bon, l’heure a tourné, faut que je file à confesse…

Ciao, les administrés. Et, soyez sympas, demain, lundi, allez bosser sans grogner.

Gérard

Après cette petite fiction qui suinte bon le flicard, je vous propose d’aller jeter un œil sur ces liens on ne peut plus édifiants…

Pour celles et ceux qui veulent en savoir plus la France et son business d’armes à feu, c’est par ici :

https://reporterre.net/La-discrete-et-prospere-industrie-francaise-des-armes-policieres

Par là, ça tabasse sévère :

https://www.lemonde.fr/police-justice/article/2018/06/27/le-recours-aux-armes-a-feu-par-les-policiers-a-fortement-augmente-en-2017_5321753_1653578.html

Et là, c’est la France de la « Liberté, Egalité, Hostilité » :

https://bastamag.net/webdocs/police/

En espérant éviter les pruneaux égarés,

Je vous salue bien bas,

L’Affreux, sinon rien.

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