Billet d’humeur de l’Affreux : Billet pas beau Fix

Ce jour, je me lève d’humeur « Netflix & Chill », traduction pour les Français qui résistent encore et toujours à la langue de Shakespeare, « Netflix et détente ». Bref, comme tout bon addict à ces nouveaux médias magiques, comme tout bon consommateur de demain, j’aime pouvoir gober n’importe quoi n’importe comment avec n’importe qui en service continu. Ça tombe bien, c’est justement ce que propose Netflix, vous savez, le géant du streaming Américain pour qui désormais, tout le monde travaille sans le savoir, même vous… Avec leur offre que vous ne pouvez pas refuser, vous n’avez plus besoin d’activer votre matière grise, vous pouvez, dès à présent, jouir de votre AVC en paix. Car, au pays de Netflix, tout comme dans le monde merveilleux de Disney, vous êtes libres d’avaler n’importe quelle merde ou perle en temps réel, ou différé, 10 épisodes de votre série préférée à la volée, ou mieux vous balader en compagnie des frères Coen et de Buster Scruggs comme ça, sans user le fauteuil de votre cinéma de quartier en mal d’existence.

La vie est cool, n’est-ce pas, au pays des Kiss Cool (marque déposée, joke copyrightée) ? Ha ! L’Affreux, à force d’ingurgiter à la demande sans répit pour la pensée 24h/24 les programmes non-programmés du Net, avoue que t’as un mal de clebs à aligner deux bons jeux de mots… Maux…dit streaming phagocytant ! Déjà, qu’on peine à motiver son cul jusqu’au ciné de quartier, maintenant, on a perdu l’usage du clavier grâce à leurs commandes vocales super pour les AVCS chanceux qui n’ont pas perdu l’usage de la parole…

Je rêve ou bien nul n’a chopé un gars ou une gonzesse devant une toile en 2018 ? Ceux qui ont embrassé un autre être humain que lui-elle-même devant un film dans une salle obscure, l’année passée, levez la main droite, s’il vous plaît ! Manifestez-vous, bordel, je commence à flipper sévère, et imaginer qu’on est seuls au monde (comme Tom Hanks, en pire, sur son île déserte où il pouvait, lui, au moins, goûter à l’aventure, la vraie !), chez nous, isolés de tout contact humain ! Netflix, aurait-il-elle (je suis en pleine confusion transgenre) fixé nos vies dans son univers « streamé » ?

Il semblerait que oui, quand on voit Scorsese, Soderbergh, les frères Coen, Cuarón, et leurs confrères s’injecter le séduisant Fix, par peur de cesser d’exister à nos yeux, sans penser une seconde au cinéma haut en couleur sur écran géant, que leur pacte condamne…

… et je ne parle pas de Spielberg qui avale de travers sa pipe E.T, quand il chope, sans prévenir, ses fidèles, en délit de visionnage en streaming d’Indiana Jones sur un écran Tom pouce… A quoi bon se casser le cul à faire le point, puisque tout ce beau monde myope regarde béatement sans loupe des plans larges sur leur format réduit ?

Allez, je me tire et file sans tarder au cinéma de quartier du coin qui ferme… bordel… définitivement… faut que je me magne… ce soir…

L’Affreux, la dernière séance, la dernière séquence…

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