Billet d’humeur de l’Affreux : billet désordre

Ce jour, je me lève je ne sais où. Je ne reconnais ni les murs ni les rideaux blancs cramoisis de la piaule dans laquelle je daigne m’éveiller. Où-suis-je ? Que m’est-il arrivé ? Ai-je dérivé dans les songes d’un autre ? Ou bien suis-je encore coincé dans les miens ? Qu’est-ce que je fous allongé sur un lit de fortune dans une chambre aux airs inhospitaliers ?

Je ne suis pas attaché, j’en conclus que je ne suis pas chez les détraqués du melon.

Soudain, une blouse blanche à la mine vipérine s’invite en mon sein. Et me dit :

— Vous êtes prêt ?

— Prêt pour quoi ? Les J.O de 2024 ? Eh, j’ai encore du temps pour m’entraîner au saut à la corde, amateur, va…

— Pour la piqûre, monsieur !

Là, l’autre me sort son immense seringue ! Parbleu, je rêve ? Ils veulent euthanasier ma connerie avant l’heure ? Je me file une grande baffe histoire de vérifier le pourquoi du comment de cette absurdité. Je morfle. O.K, je suis bien éveillé. Je suis dans votre prétendue réalité.

— Y’a quoi dans ta piquouze, mon gars, du malt ? Parce que j’te préviens j’aime pas les dards…

— Enfin, vous n’y êtes pas, monsieur, c’est votre vaccin ! Vous savez, LE vaccin miracle obligatoire anti cancer du côlon- de l’anus- de la gorge… Vive les progrès de la science !

— Les progrès, c’est très surfait…

En gros, j’en conclue que ces enfoirés d’envoyés de l’Etat, m’ont kidnappé durant mon sommeil si mérité, et m’ont amené ici, contre mon gré pour m’administrer leur remède anti flippe générale plus contagieuse qu’une épidémie de grippe  A B C D E F G H I K L… Eh ben moi, j’en veux pas de leur merde synthétique, je préfère miser sur mon système humanitaire… Pardon immunitaire…

— J’en veux pas de ton poison, tocard !

L’autre sourit benoîtement tout en levant les yeux au ciel. Il appuie sur le bouton rouge… O.K, je sens que ça va saigner…

La porte s’ouvre en grande pompe. Débarquent deux colosses aux faciès et aux muscles hyper oedémiés. Ma parole, on dirait les légendaires frères Bogdanoff ! A tous les coups, ce duo s’injecte du bullshit à tour de bras…Moi, j’en veux pas  de leur tambouille transmutagène, j’tiens trop à ma gueule « fin dix-neuvième siècle ».

On en vient aux mains… J’ai pas l’air comme ça, mais j’suis teigneux quand je m’y mets… J’attrape le faux-derche par le petit doigt, et lui plante sa piquouze dans le cul. Il n’a pas l’air d’apprécier la cure bénite…Eh, quand on aime, on va droit au but… Les deux autres m’avoinent aussi sec… Ma mâchoire se décroche au passage, j’peux plus causer… Dommage, j’suis hyper bavard hyper caustique…

— On va te baiser, avorton ! Tu peux pas t’échapper, t’as nulle part où aller, on sait où t’habites ! On sait tout de toi y compris où t’as planqué ton manuscrit !

De quoi y cause, celui-là ? Ah, je vois, il bluffe… Car, depuis la rafle de l’autre jour, j’l’ai cramé le manuscrit… Tout est dans ma tête maintenant (simple précaution. S’ils veulent en savoir plus sur mes billets d’Affreux, faudra faire appel à un psychique !) Je réponds… comme je peux, tel un AVC-man (je voudrais vous y voir avec une mâchoire déglinguée)… Amis de la langue française, fuyez !

— AMMMUTIS ! ENMOIRÉS ! ME VOUS CONJIE !!!!

Baston générale…

Pan… Pif… Paf… Pouf… Onomatopées dans votre gueule.

A la fin je fais mouche, c’est normal, c’est mon histoire… Je pique la blouse d’un des molosses et me faufile hors de cette infâme prison qu’autrefois on appelait hôpital…

Dehors, c’est la zone : des gilets jaunes adeptes de la boxe thaï éclatent des CRS à fond sur la boxe française… Au milieu, des instits qui ne veulent pas travailler cherchent des poux à des journalistes qui relaient des fake news

Je lève la tête vers le ciel… Pas moyen de savoir quelle heure il est avec cette chape grise qui voile nos cieux à perpète depuis que le climat s’est déréglé telle une femme abusée…

Je fuis, je cours, je me rétame sur l’asphalte… J’esquive un chien à trois têtes, conçu aux pieds de la centrale de Nogent… Et j’attrape ma double paire de couilles radioactive et prend mes pattes insectoïdes (ouais, depuis les années 2050, l’humain a sacrément muté) à mon cou…

To be continued (ou pas)

L’Affreux

Publicités
%d blogueurs aiment cette page :