Billet d’humeur de l’Affreux : billet j’emmerde Noël

Ce jour, je vous le dis, je vous l’affirme, le père Noël, Santa Claus, alias Saint Nicolas de mes vœux est un gros vendu. Gamin, je l’ai tout de suite su. Mon redoutable instinct m’avait soufflé que ce gros monsieur, le cul encrouté dans son traîneau fait sur mesure, était un imposteur. Un type qui se planque derrière une fausse barbe blanche est démesurément louche, vous ne trouvez pas ? En grandissant (si peu), quand j’ai pigé que ce père-là était la fashion icône des plus riches, que ce personnage folklorique du 19ème siècle avait été acheté par Coca Cola pour booster la vente de leurs boissons cariogènes, comme aujourd’hui Disney s’offre les rêves des autres, je me suis dit qu’on était bien naïfs, nous autres, con-sommateurs de gober à pleines dents (pas mal pour un peuple édenté) les billets rouges de nos amis Américains… Déjà qu’ils s’étaient payés la France avec leur plan Marshall à la suite de la WW2… Maintenant, ils achetaient nos rêves, et décidaient  de notre Parisian (Qu’on le veuille ou non, Paris est la France) way of life, et nous relookaient en mode Friday wear… Terminée l’élégance des fifties… Adieu les hauts de forme distingués, bonjour les culs disgracieux dans des jeans mal coupés.

Notre dignité, on s’est assis dessus… On a baissé nos frocs devant le mur de Wall Street

Quand tu vois qu’en France, à l’école de la République, dès le plus jeune âge, nos instituteurs bourrent la tête molletonneuse des gamins avec les  sornettes par milliers (toxiques, sinon rien) du père Noël,  tu te dis qu’on s’est bien fait baiser, avec consentement en plus… Quand tu récupères ton kid à la sortie de la maternelle, la première chose qu’il te balance à ta tronche de parent délavé, c’est « Père Noël, paie-moi un jouet hyper-connecté, et plus vite que ça enfoiré de portemonnaie sur pattes ! » Là, tu te dis que l’avenir du monde est entre de bonnes mains…

En bon Affreux acheté par Roosevelt, quitte à consommer du burger Américain, je préfère revisionner « It’s a wonderful life » de Frank Capra, avec David Lynch, pardon, James Stewart (et lire les X-Men clandestinement) plutôt que d’aduler l’image d’un vieillard décrépit 100% alcoolo remis au goût du jour par la loi du marché.

Happy Fucking Christmas

Le père Fouettard

Ps : j’attends de pied ferme la version mère Noël des Me too…

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