Billet d’humeur de l’Affreux : billet anthropophage

Ce jour, c’est décidé, je bouffe ma voisine du dessus. Ne croyez pas que j’en ai envie. Non. Sa chair jaunâtre bourgeonneuse me file la gerbe, ses bouclettes mal frisées me filent la nausée, je vous le dis. Mais, eh, on fait avec ce qu’on a sous le coude… Et moi, j’ai besoin de me coller des protéines sous les dents. Je ne suis pas animiste comme ces Jivaros qui pensent que tout ce qui existe est doté d’un esprit (ou l’inverse). Je ne suis pas totémiste ou naturaliste comme certains de mes contemporains. Je suis plutôt à tendance verte, à brouter de la salade verte ou avaler cru du chou-rave. Mais alors pourquoi ce retournement vers un si mauvais morceau de choix ?

Et bien parce que, mes Affreux amis, en cet an de merde 2022, plus désolé tu meurs ou t’es mort, où tout a pété, où tout est radioactif, où plus rien ne pousse si ce n’est la frousse de crever d’un cancer, j’ai une faim de grand méchant loup. Je n’ai pas becqueté depuis dix jours. Les jeûnes de ma vie passée m’auront servi à ça, à supporter ces aigreurs d’estomac qui remontent jusque dans ma gorge serrée. Je n’ai rien attrapé depuis… ce gros rat des villes au vilain faciès macroniste. Ah, comme je l’ai fait saigner celui-là…

Là, présentement, ma carcasse osseuse (déjà pas épaisse à la belle époque) commence à patiner sévère. J’arrive même plus à lire ma littérature fin dix-neuvième siècle tant mes mirettes manquent de jus ou pisser droit dans mes chiottes tant j’ai plus rien dans les mollets.

J’ai plus d’autre option donc, que d’aller bouffer l’autre horreur du dessus qui chante chaque nuit à cinq heures du mat’ ses infâmes cantiques religieux… Les cieux ne te sauveront pas, connasse… D’autant que t’as bien participé à notre extinction quand t’as balancé ma femme et mon fils à la police de la carne (ces enfoirés qui donnent le peuple à manger aux estomacs des élus, si si, je vous mens pas, on en est là !) tandis que j’étais parti en quête de rats bien dodus (eh, contrairement à toi, je ne bouffais pas mes contemporains jusqu’à toi, tout de suite maintenant incessamment sous peu bientôt), pour nourrir ma famille. Comment as-tu osé appeler la milice ? Ton Dieu ne va pas te sauver de ma revanche croquante. Crois-moi ! Je m’en vais te mordre la jugulaire, tel Vlad en son époque sanguinaire…

Cinq minutes plus tard, en bon viking adorateur de Thor, je pète sa porte avec mon fidèle marteau  ; elle m’accueille d’un coup de pupitre dans la tronche… J’y perds trois dents… Je m’en cogne, elles étaient branlantes… Vive le scorbut ! Je réplique par un soudain et franc lancé de Mjöllnir dans sa caboche…

Une heure plus tard…

J’ai avalé tout cru les cuisses délatrices de ma voisine.

J’ai vengé femme et enfant.

BURP.

Puis, je me réveille sur cet article qui fait froid dans le dos qui m’aura suggéré un aussi vilain songe :

http://www.slate.fr/story/169116/que-deviendraient-animaux-ferme-arreter-manger-viande-societe-antispeciste-post-elevage

De retour dans ma réalité, j’embrasse ma femme et je fais sauter mon kid dans les airs. Et, là-haut, j’entends la voisine tambouriner de jalousie.

De plus en plus Affreux pour votre plus grand (dé)plaisir

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