Billet d’humeur de l’Affreux : billet Open bar

Ce jour, je me fais aboyer dessus sauvagement par un vieux caniche désarticulé qui promène sa chienne humaine en laisse… Tel Balladur, je lui demande de se taire. La vilaine rétorque à la place du clebs qui ne cause pas mon langage Cupidon. Elle me dit que son « amour » en a après mon chapeau… O.K, je vois, j’ai encore affaire à une ancienne de Jean-Marie reconvertie aux potages fin de race de l’auberge sans retour de Marine, ou d’une ancienne Sarkozyste en mal de portefeuille… Dire qu’il y a cinquante balais et plus, tout le monde portait le chapeau ou presque (les Juifs encore plus dans les années quarante…) Aujourd’hui, le couvre-chef rime avec le religieux ou l’inconnu qui fait peur et ces étrangers qui ne paient pas leurs impôts ! Enfoirés de pauvres, va ! Enfoiré, d’Affreux qui fait la manche avec son chapeau ! Bref, t’as plus le droit aux fantaisies… Il serait malheureux, Alfred de Musset, s’il venait à se balader sur nos pavés formatés bondés de beaufs, Friday wear, mal fagotés… Soyons honnêtes, amis ventripotents, tout le monde a tiré la chasse d’eau sur l’élégance ! Ah, Mitterrand, si tu voyais nos trottoirs dépenaillés, j’suis sûr que t’avalerais ton chapeau…

Et puis, ce jour toujours, je lis avec stupeur et tremblements que cinq des meilleurs bars du monde se trouvent à Paris, et là ma gueule s’allonge d’étonnement :

https://www.timeout.fr/paris/actualites/cinq-des-meilleurs-bars-du-monde-se-trouvent-a-paris-100818

Les cinq bars en question (que je ne citerai pas, les curieux, lisez mon lien), inconnus ou presque à mon pif à rades, sont vraiment géniaux, paraît-il, avec leurs applis Génération Y, hyper connectées à vos encéphales cramées, avec leurs divans vibrants cosy chaud devant, avec leurs vinyles vintage pas rayés pour un franc. Il paraît même qu’ils ont des automates qui versent dans vos gosiers des cocktails onctueux sirupeux en mode Asimov, ou déversent des tacos en vrac dans  vos gueules affamées sans que vous ayez besoin de faire bosser vos zygomatiques, avec, en offre découverte, des ambiances psychédélico-tropicales j’ai la vibe tu en veux ? Paraît aussi que pour échanger un numéro de téléphone, il faut passer par une application… Ou que pour échanger un baiser, il faut demander une autorisation à la mairie… On accueille chaleureusement la Génération Z, qui, avec sa pensée 100% déconnectée « on baise à distance sous peine de finir en taule » va définitivement coiffer au poteau la « Y ». J’suis content d’avoir arrêté la bouteille et décroché le beau lot qu’est ma femme. Sinon, à l’heure qu’il est, à coup sûr, j’croupirais au fond d’une geôle du Quai des Orfèvres. J’connais d’autres Affreux, anciens mafieux sur les bords, qu’ont même demandé l’asile éthylique en Bretagne histoire de finir peinards leurs jours au soleil.

Eh ouais, les valeurs ont changé… De mon temps, quand j’étais marmot et que j’allais me biturer dans un rade, on servait des cocktails bière-pisse-dégueulis qui vous filaient une putain de mine capiteuse (avec un gourdin d’enfer cinq minutes montre en main…) Et les dialogues échangés au bar suintaient la provoc’ (« T’es bourré, connard ? », « Tu bois quoi de bien mauvais, ce soir de mollard ? », « C’est ta gonzesse que j’ai niqué sans capote sur la cuvette des chiottes ? ») Enfin,  les clopes trempées dans les ballons à rouge annonçaient la baston qui clôturait, souvent (et sans dents, d’où l’expression de François Hollande) la soirée… A l’heure de la fermeture (à pas d’heure), on titubait fièrement sur les ponts et chaussées, avec nos gueules déconfites, nos haleines obscures et on lâchait avec grande joie notre lest sur les bagnoles des bourgeois égarés dans les bas-quartiers. Je ne saurais vous dire si Paname saurait vous offrir, ces jours, pareilles sensations odorantes hautes en couleur… A défaut, en picole de substitution, je vous recommande la lecture de mon Système A qui fleure bon le vieux Paname… Vous pouvez le piquer à la CLAC si le cœur vous en dit… Un peu d’auto-promo dans ce monde autocentré ne fait pas de mal, pas vrai, les Affreux ?

Paris est A moi ?

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